BURN-OUT : TOP 10 des pires commentaires des collègues

burn out top 10 des pires commentaires de collègues

Mis à jour le 13 juillet 2026

Le burn-out fait débat. Déni pur et simple chez les uns, faux problème chez les autres : le sujet divise encore les couloirs et les open spaces. Nous avons demandé à notre communauté de nous partager les pires commentaires reçus pendant leur arrêt, et les réponses sont arrivées par centaines.

La collecte s’est faite sur notre compte Instagram, où nos lecteurs nous racontent chaque semaine ce qu’ils entendent au bureau. Suivez-nous, c’est là que nous lançons ces appels à témoignages.

Nous en avons tiré le best-of de ce qu’il ne faut SURTOUT pas dire à quelqu’un arrêté pour épuisement professionnel. Rappelons-le, vous êtes collègue, pas professionnel de santé apte à juger de la véracité de l’arrêt. Pour comprendre ce qui se joue derrière un arrêt, notre guide du burn-out au travail détaille les mécanismes et les leviers de l’entreprise.

Faire le point en 4 minutesTest burn-out : suis-je au bord du burn-out ?

1/ Dire qu’on ne peut pas compter sur la personne et la culpabiliser

« On ne peut pas compter sur toi ! »
« Vous nous avez foutu dans la merde »
« On m’a demandé si VRAIMENT je ne pouvais pas travailler. »
« C’est décevant de se mettre en arrêt pour si peu… »
Entendu par notre communauté
🚨Attention : l’employeur qui lance ce genre de remarque à un collègue arrêté, c’est carton rouge. Dans une grande majorité des cas, ces salariés culpabilisent déjà de s’arrêter. Rappelons-le, personne ne s’arrête tout seul : c’est un professionnel de santé qui pose l’arrêt.
Les personnes en burn-out sont généralement les salariés les plus engagés, celles et ceux qui sont justement allés au-delà de leurs capacités.
L’Optimisme.pro

2/ Feindre de ne pas comprendre

« C’est fou ça, t’as pas l’air »
« Je t’ai croisé faire tes courses, tu n’a pas l’air bien malade »
« Mais pourquoi ? Je ne comprends pas, les autres y arrivent ! »
« Tu t’es mis en arrêt pour protester ? »
Entendu par notre communauté
🚨Attention : ces phrases, pas forcément mal intentionnées, établissent un effet de comparaison entre la résistance du salarié en arrêt et celle des autres. Or il s’agit d’une perception. Nous n’avons jamais conscience de la quantité de travail produite par les uns ou les autres, et aucune comparaison n’est juste. La dernière remarque, elle, invalide directement la souffrance de la personne.

3/ Sous-entendre qu’il s’agit de vacances

« Alors ? C’était bien tes vacances ? »
« Nous aussi on aimerait bien rentrer chez nous ! »
« Elle reste sur son divan »
Entendu par notre communauté
🚨Attention : de retour au travail, plusieurs personnes en burn-out se sont vues accueillies avec cette « boutade », pas du tout drôle. Un arrêt pour épuisement n’a rien d’un séjour de repos choisi.
Vous avez vécu un burn-out ? Votre témoignage peut aider

Racontez-nous votre histoire, nous lisons tout. C’est votre parole qui fait avancer le sujet dans les entreprises.

anne@loptimisme.com

4/ Dire à la personne que c’est de sa faute

« C’est parce que tu prends les choses trop à cœur ! »
« Mais pourquoi tu te mets une pression pareille ? de ma boss… Et les 150 mails par jour, on en parle ? »
« Tu devrais aller voir un psy, c’est pas normal de se mettre dans des états pareils pour le taff. »
Entendu par notre communauté

Nous recommandons à toute personne en souffrance de consulter un professionnel de santé. Orienter vers un psychologue reste utile, mais le faire avec ces mots-là devient culpabilisant. Chacun gère ses émotions différemment, et un engagement qui déborde ne relève pas d’un défaut de caractère.

Consulter, ce n’est pas si simple

Le conseil « va voir quelqu’un » se donne toujours plus vite qu’il ne s’applique. Dans nos sensibilisations à la santé mentale, beaucoup de participants nous disent se sentir gauches à l’idée d’en parler, ou franchement intimidés à l’idée de pousser la porte d’un professionnel.

Les raisons qui font attendre reviennent presque toujours dans les mêmes termes :

  • ne pas se sentir « assez mal » pour mériter une consultation ;
  • croire que la fatigue passera avec les vacances ;
  • ne pas savoir qui consulter, entre médecin traitant, psychologue, psychiatre et médecine du travail ;
  • redouter le regard des collègues, ou la trace que cela laisserait ;
  • le coût de la consultation et les délais de rendez-vous ;
  • l’idée tenace qu’il faut tenir, puisque les autres tiennent.

Aucune de ces raisons n’est ridicule. Les nommer lève déjà une partie du frein, pour soi comme pour un collègue à qui l’on veut tendre la main.

5/ Sous-entendre que la personne a des problèmes dans sa vie perso

« T’es sûre que t’as pas des problèmes perso ? Ca va bien avec ton mari ? »
« Bah forcément, avec 3 enfants à la maison, elle ne pouvais pas tenir la charge… Vive l’évolution des mentalités ! »
Entendu par notre communauté
🚨Attention : plusieurs salariés nous ont rapporté que, dans un déni total, leur entreprise restait convaincue que l’arrêt pour burn-out n’avait rien à voir avec le travail. Un burn-out va généralement impacter la vie personnelle, mais la vie personnelle n’en est pas la cause.

6/ Donner des nouvelles intéressées

« Ici on est débordé, tu reviens bientôt ? »
« On en a marre de te remplacer, reviens »
Entendu par notre communauté

Ces deux phrases culpabilisent directement la personne arrêtée. Elles disent la charge de l’équipe, jamais l’état de celui qui manque.

Le cas « Comment ça va ? », à traiter à part

Trois mots parfaitement neutres, et deux vécus radicalement opposés dans les réponses que nous recevons.

Plusieurs lecteurs nous ont rapporté recevoir ce « Comment ça va ? » deux ou trois jours avant chaque fin d’arrêt maladie, quand les collègues cherchaient surtout à savoir si la personne revenait. À l’annonce d’une reconduction de l’arrêt, plus aucune nouvelle, pas un mot de soutien. Le message revenait alors à « on en a marre de te remplacer, reviens ». Interprétation ou pas, le ressenti reste bien là.

D’autres nous ont écrit exactement l’inverse. La même question, posée sans arrière-pensée, les a profondément touchés. Savoir que des collègues pensaient à eux a compté dans la traversée, et certains le disent encore des années après.

💡Astuce : Prenez des nouvelles sincèrement, sans parler de la reprise, et continuez d’en prendre quand l’arrêt se prolonge. C’est précisément au moment de la reconduction que le silence fait le plus mal.

7/ Sous-entendre que la personne est « trop »

« Tu t’écoutes trop »
« Tu dramatises pour rien »
« Tu feras comment quand tu auras des enfants ? »
« Vous êtes trop sensible, il faut vous endurcir, me faisant comprendre que j’étais fragile en règle générale. »
« Je te pensais moins sensible »
Entendu par notre communauté
🚨Attention : un burn-out est précisément, souvent, la conséquence de ne pas s’être suffisamment écouté. Rappelons qu’il s’agit d’un épuisement professionnel. Énormément de collaborateurs se sont vu reprocher leur sensibilité, alors même qu’elle n’a rien à voir avec la cause.

8/ Faire des comparaisons

« Moi aussi j’ai des problèmes dans ma vie et je ne m’arrête pas. »
« T’as pas fait un vrai burn-out, t’es revenu au bout de 3 mois. »
« Jean-Michel, lui il a fait un vrai burn-out. Il ne se lavait plus. Toi tu te douchais encore, donc ce n’est pas un burn-out. »
Entendu par notre communauté

Chacun traverse son burn-out à sa manière. Personne, hormis les professionnels de santé, ne peut dire s’il s’agit ou non d’un burn-out. Aucune comparaison n’est possible.

La durée de l’arrêt sert souvent de mètre étalon, et c’est une erreur. Certaines personnes restent arrêtées plus de deux ans, d’autres reprennent au bout de trois, quatre ou cinq mois. Ni la durée courte ni la durée longue ne dit quoi que ce soit de la gravité de ce qui a été traversé. Nous ne sommes pas professionnels de santé, ce n’est donc pas à nous de juger. Les repères concrets sur ce point se trouvent dans notre article sur l’arrêt de travail pour burn-out.

9/ Sous-entendre qu’il s’agit d’un effet de mode

« T’as juste pas envie de travailler, de toutes façons, le burn-out, c’est le prétexte quand on ne veut pas taffer. »
« Tu devrais te faire interner si ça va pas, là, tu glandes chez toi »
« Tu es déconnectée de la réalité »
Entendu par notre communauté

Nous ne vous dirons pas le contraire : nous entendons de plus en plus parler du burn-out, et parfois, l’effet barnum peut faire croire à certains salariés qu’ils en présentent tous les signes. Un peu comme l’horoscope, nous avons tous des signes. Mais un burn-out reste un diagnostic posé par un médecin, pas par vous, et pas par un effet de mode. Et l’épuisement au travail ne se limite pas à la surcharge : le bore-out, l’épuisement par l’ennui, reste encore plus minimisé. Et avant que le burn-out ne s’installe, le burn-in passe presque toujours inaperçu.

Oui, il existe des arrêts de complaisance

Autant l’assumer, cela existe et cela ne se nie pas. Certains arrêts sont posés un peu vite, et tout le monde en a croisé. Mais ce constat n’invalide rien. Il ne dit strictement rien de la personne qui traverse un vrai burn-out, et il ne donne à personne le droit de trier les collègues entre les vrais et les faux. La nuance est détaillée dans notre article sur les vrais et faux burn-out.

Le déni fait partie du tableau

Le paradoxe revient dans presque tous les témoignages que nous recevons. Les personnes concernées présentent tous les signes, sommeil détruit, irritabilité, perte de sens, désengagement, et elles sont les dernières à l’admettre. Le déni tient parfois jusqu’à l’effondrement.

Repérer ces signes chez soi, ou chez un collègue, commence par se poser les bonnes questions.

Le test en 4 minutesTest burn-out : suis-je au bord du burn-out ?

10/ Ne recevoir aucun message du boulot pendant 8 mois

De nombreux lecteurs nous ont rapporté que le pire avait été de ne recevoir aucune nouvelle de leurs collègues pendant plusieurs mois. Au départ, l’intention n’était pas mauvaise.

« Je n’osais pas t’appeler, je pensais que tu ne voulais plus entendre parler du boulot »
Entendu par notre communauté
💡Astuce : Dès que vous savez qu’un collègue est en arrêt, envoyez-lui un message pour lui demander s’il souhaite que vous preniez des nouvelles, ou s’il préfère revenir vers vous à son rythme.

Dans nos sensibilisations, deux témoignages reviennent régulièrement, et ils se répondent. Une participante nous a dit : « Je n’ai reçu aucun message pendant 14 mois, d’aucun de mes collègues. » Elle en a conclu que tout le monde s’en fichait. Une autre, contactée régulièrement pendant son arrêt, a conclu l’inverse : qu’on cherchait seulement à la faire revenir parce qu’on avait besoin d’elle.

Le silence comme le message produisent donc deux blessures opposées. Le point de bascule, c’est l’intention de départ, et elle se sent toujours. Un message envoyé pour prendre des nouvelles ne ressemble pas à un message envoyé pour savoir quand le poste sera de nouveau occupé. Ce que le manager met en place au moment du retour au travail après un burn-out se joue en grande partie pendant l’arrêt.

Parler autrement du burn-out

Nous sommes encore mal acculturés au burn-out, le sujet restant tabou dans de nombreuses entreprises. Volontairement ou non, nous commettons des maladresses. Pour y remédier, plutôt que de juger et de donner votre avis, interrogez et écoutez. Vous pouvez aussi retrouver les phrases qui ont fait du bien aux collaborateurs arrêtés, lire ce que vivent celles et ceux dont les collègues ne les croient pas, et penser à une sensibilisation à la santé mentale pour vos équipes. Ce court métrage sur le burn-out complète utilement la réflexion.

Parler autrement du burn-out commence par des mots simples : une nouvelle sincère, une écoute sans jugement, une main tendue au bon moment. Ces témoignages, nous les recevons chaque semaine de notre communauté, et ils rappellent une évidence. Un collègue qui s’arrête attend d’abord du soutien, jamais un procès.

À votre tour : quel est le pire commentaire que vous avez entendu ?

Vous avez vécu un burn-out, ou vous avez vu un collègue le traverser ? Racontez-nous la phrase qui vous a le plus marqué. Nous mettons régulièrement en avant les pires réponses reçues, elles font bouger les mentalités bien plus vite qu’un long discours.

En commentaire sous nos publications Instagram, ou par mail à anne@loptimisme.com.

Sources
  1. L’Optimisme.pro, enquête menée auprès de la communauté Instagram sur le vécu du burn-out, 2022.
Catherine Testa
Conférence en entreprise
Sensibiliser vos équipes à la santé mentale au travail

Catherine Testa aide vos managers et vos salariés à parler du burn-out sans tabou. Plus de 500 conférences et sensibilisations.

🎤 Demander une conférence santé mentale
L’Optimisme.pro
À propos
L’Optimisme.pro
Premier média francophone dédié à la QVCT, au bien-être au travail et à la santé mentale au travail. Notre équipe forme et sensibilise les entreprises sur le terrain depuis 2018, et rassemble une communauté de plus d’un million de followers sur les réseaux sociaux.