
Nous recevons chaque semaine des messages de salariés qui viennent d’être arrêtés, et de managers qui découvrent l’absence d’un collaborateur le lundi matin. Les questions arrivent presque toujours dans le même ordre. Combien de temps ? Combien vais-je perdre ? Mon employeur connaîtra-t-il le motif ? Est-ce que je risque mon poste ?
Cet article répond à chacune, avec les textes en vigueur au 17 août 2026. Il complète notre guide du burn-out au travail, qui traite le repérage des signes et la prévention en entreprise.
Sommaire
- Combien de temps dure un arrêt de travail pour burn-out ?
- Comment se passe un arrêt de travail pour burn-out ?
- Un arrêt pour burn-out est-il payé à 100 % ?
- Qui peut prolonger un arrêt pour burn-out ?
- Que peut-on faire, et ne pas faire, pendant l’arrêt ?
- Comment préparer la reprise après un burn-out ?
- Le burn-out est-il reconnu par la CPAM, et peut-on être licencié ?
- FAQ : vos questions sur l’arrêt de travail pour burn-out
Combien de temps dure un arrêt de travail pour burn-out ?
Un arrêt de travail pour burn-out dure le plus souvent de quelques semaines à plusieurs mois. Aucune durée type ne s’applique. Le médecin traitant fixe la durée selon l’état de santé, puis la prolonge si la récupération demande plus de temps que prévu.
La Haute Autorité de santé retient la même logique dans sa fiche mémo de 2017 sur le syndrome d’épuisement professionnel : la prescription d’un arrêt est le plus souvent nécessaire, d’une durée adaptée à l’évolution du trouble et au contexte professionnel. Elle ne fixe aucun barème. Le psychiatre Michel Delbrouck, qui a suivi des centaines de parcours, observe des arrêts de trois à six mois quand les trois dimensions du burn-out sont réunies, et de six à vingt-quatre mois pour les formes sévères qui débouchent sur une réorientation.
Beaucoup de salariés écourtent leur arrêt par culpabilité, ou par peur pour leur poste. Reprendre trop tôt expose à la rechute, qui coûte toujours plus cher que trois semaines de repos supplémentaires.
Comment se passe un arrêt de travail pour burn-out ?
L’arrêt se prescrit en consultation, par le médecin traitant le plus souvent. Depuis le 1er juillet 2025, un arrêt non dématérialisé doit être établi sur un formulaire Cerfa sécurisé fourni par l’Assurance Maladie, doté de sept points d’authentification. Depuis le 1er septembre 2025, un formulaire téléchargé, scanné ou photocopié est rejeté par les caisses.
Vous disposez ensuite de 48 heures pour transmettre l’arrêt. Les volets 1 et 2 partent à votre caisse d’assurance maladie, le volet 3 à votre employeur. Si votre médecin télétransmet l’arrêt, seul le volet 3 reste à votre charge.
| Ce que vous envoyez | À qui | Dans quel délai |
|---|---|---|
| Volets 1 et 2 de l’avis d’arrêt | Votre caisse d’assurance maladie | 48 heures, sauf télétransmission par le médecin |
| Volet 3 de l’avis d’arrêt | Votre employeur | 48 heures, dans tous les cas |
| Attestation de salaire | Votre employeur la transmet à la caisse | Dès réception du volet 3 |
Un envoi tardif se sanctionne. Au premier retard, la caisse vous informe de la sanction encourue. En cas de nouveau retard dans les vingt-quatre mois, hors hospitalisation ou impossibilité justifiée, les indemnités journalières de la période écoulée entre la prescription et l’envoi sont réduites de moitié.
Un point rassure souvent les salariés que nous accompagnons : le volet destiné à l’employeur ne porte aucun diagnostic. Le motif médical relève du secret médical, y compris vis-à-vis des ressources humaines. Votre entreprise connaît les dates de l’arrêt, jamais sa cause.
Un arrêt pour burn-out est-il payé à 100 % ?
Non, pas automatiquement. Votre revenu pendant l’arrêt provient de deux sources distinctes, avec deux délais de carence différents.

L’Assurance Maladie applique un délai de carence de trois jours. L’indemnité journalière commence donc au quatrième jour d’arrêt. Elle vaut 50 % de votre salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des salaires bruts des trois derniers mois divisée par 91,25. Le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel depuis le 1er avril 2025, ce qui porte l’indemnité maximale à 42,97 € bruts par jour pour les arrêts débutant à compter de juillet 2026.
Votre employeur intervient ensuite, au titre du maintien de salaire prévu par l’article L.1226-1 du code du travail. Trois conditions se cumulent : un an d’ancienneté dans l’entreprise, la justification de l’incapacité dans les 48 heures, et la prise en charge par la Sécurité sociale. Sa carence à lui court sur sept jours. Il verse ensuite 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant 30 jours de plus, indemnités journalières déduites. Ces deux durées augmentent de dix jours par tranche entière de cinq ans d’ancienneté, sans dépasser 90 jours chacune.
Votre convention collective peut prévoir des règles plus favorables, par exemple la suppression de la carence de l’employeur ou un maintien à 100 %. Elle se consulte avant tout calcul, parce qu’elle change souvent le résultat du tout au tout.
Qui peut prolonger un arrêt pour burn-out ?
La prolongation obéit à une règle stricte, et beaucoup de refus d’indemnisation viennent de là. L’article L.162-4-4 du code de la sécurité sociale réserve la prolongation au médecin qui a prescrit l’arrêt initial, au médecin traitant, à la sage-femme ou au chirurgien-dentiste.
Trois exceptions existent. Le spécialiste consulté à la demande de votre médecin traitant peut prolonger, le remplaçant de votre médecin également, et le médecin qui intervient lors d’une hospitalisation aussi. En dehors de ces cas, il vous revient de justifier auprès de votre caisse l’impossibilité de consulter votre médecin traitant ou le prescripteur initial. Sans justification, la caisse peut refuser d’indemniser la période.
Bonne nouvelle sur le plan financier : une prolongation ne rouvre pas de délai de carence, dès lors que la reprise entre les deux arrêts reste inférieure à 48 heures. Vous ne perdez donc pas trois jours à chaque renouvellement.
Que peut-on faire, et ne pas faire, pendant l’arrêt ?
L’article L.323-6 du code de la sécurité sociale fixe quatre obligations pendant un arrêt indemnisé : observer les prescriptions du médecin, se soumettre aux contrôles du service médical, respecter les heures de sortie autorisées et s’abstenir de toute activité non autorisée. Tout changement d’adresse et toute reprise anticipée se signalent à la caisse.
Si votre médecin autorise les sorties sans les rendre libres, vous devez être présent à votre domicile de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, tous les jours, week-ends et jours fériés compris, sauf pour des soins ou des examens médicaux. Le médecin peut accorder des sorties libres lorsqu’il le justifie médicalement sur l’avis d’arrêt. Sur un burn-out, cette mention change beaucoup de choses au quotidien : marcher, voir un psychologue, sortir de chez soi font partie du soin. Demandez-la explicitement si votre situation le justifie.
Deux contrôles coexistent, et ils ne viennent pas du même endroit. La caisse peut vérifier votre présence aux heures de sortie interdites et convoquer son médecin-conseil, sans préavis. Votre employeur peut, lui, mandater un médecin pour une contre-visite, dès lors qu’il vous verse un maintien de salaire. Depuis juillet 2024, ce cadre demande deux informations de votre part dès le début de l’arrêt : votre lieu de repos s’il diffère de votre domicile, et vos créneaux de présence si vous bénéficiez de sorties libres.
Comment préparer la reprise après un burn-out ?
La reprise se prépare pendant l’arrêt, pas la veille du retour. Trois rendez-vous existent, et ils se confondent souvent dans les esprits.
| Rendez-vous | À partir de quand | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Rendez-vous de liaison | 30 jours d’arrêt | Demandé par l’employeur ou par vous. Non médical, et votre refus est sans conséquence |
| Visite de pré-reprise | Plus de 30 jours d’arrêt | Médicale. Demandée par vous, votre médecin traitant, le service médical ou le médecin du travail |
| Visite de reprise | 60 jours d’arrêt maladie | Médicale et obligatoire. C’est l’employeur qui l’organise |
Le rendez-vous de liaison maintient le lien avec l’entreprise et informe sur les dispositifs de maintien en emploi. Il n’a rien de médical, et aucune conséquence ne peut être tirée de votre refus de vous y rendre. La visite de pré-reprise se tient avec le médecin du travail et prépare les aménagements. La Haute Autorité de santé la recommande dès trente jours d’arrêt sur un épuisement professionnel.
Un décret du 12 juin 2026 a modifié ces règles depuis le 15 juin 2026. La visite de reprise n’est plus obligatoire lorsqu’une pré-reprise s’est tenue dans les trente jours précédents et que le médecin du travail a conclu à l’absence de mesure d’aménagement nécessaire. L’employeur est désormais informé de l’organisation d’une pré-reprise, sauf opposition du travailleur.
Quand la reprise à temps plein paraît hors de portée, le mi-temps thérapeutique permet de revenir progressivement en conservant une part d’indemnisation. Notre article sur le retour au travail après un burn-out détaille ce parcours étape par étape.
Le burn-out est-il reconnu par la CPAM, et peut-on être licencié ?
Le burn-out ne figure dans aucun tableau de maladies professionnelles. Sa reconnaissance passe par le système complémentaire prévu à l’article L.461-1 du code de la sécurité sociale, avec instruction obligatoire par un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles. Deux conditions se cumulent : un lien direct et essentiel avec le travail habituel, et une incapacité permanente prévisible d’au moins 25 %. Le comité examine en pratique des dépressions sévères, des troubles anxieux généralisés et des états de stress post-traumatique.
Ce chemin reste étroit, mais il s’élargit. L’Assurance Maladie a recensé 1 805 affections psychiques reconnues en maladie professionnelle en 2024, soit 9 % de plus qu’en 2023, dont 73 % de dépressions. Le cadre légal du burn-out est détaillé dans notre guide.
Sur le licenciement, le principe est clair. L’article L.1132-1 du code du travail interdit de licencier un salarié en raison de son état de santé, sous peine de nullité. Un licenciement reste possible sur un motif étranger à la santé : un motif économique, une faute grave antérieure à l’arrêt, une inaptitude constatée par le médecin du travail après la reprise, ou une désorganisation de l’entreprise. Sur ce dernier point, la jurisprudence exige deux conditions cumulatives, des absences prolongées ou répétées qui perturbent le fonctionnement de l’entreprise, et la nécessité de procéder au remplacement définitif du salarié.

FAQ : vos questions sur l’arrêt de travail pour burn-out
Quelle est la durée moyenne d’un arrêt de travail pour burn-out ?▼
Un arrêt de travail pour burn-out est-il payé à 100 % ?▼
Mon employeur connaît-il le motif de mon arrêt de travail ?▼
Qui peut prolonger un arrêt de travail pour burn-out ?▼
Peut-on être licencié pendant un arrêt de travail pour burn-out ?▼
Le burn-out est-il reconnu par la CPAM comme maladie professionnelle ?▼
Votre expérience aide d’autres salariés à traverser le leur. Écrivez-nous à rose@loptimisme.com. Les témoignages sont publiés en anonymat complet.
- Assurance Maladie : Arrêt de travail pour maladie, les indemnités journalières du salarié, ameli.fr, mis à jour le 1er juin 2026
- Assurance Maladie : Montants maximum des indemnités journalières, ameli.fr, mis à jour le 1er juin 2026
- Légifrance : Décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 relatif au plafonnement de la durée des arrêts de travail, vérifié le 16 août 2026
- Légifrance : Article L.1226-1 du code du travail, indemnité complémentaire versée par l’employeur, vérifié le 16 août 2026
- Légifrance : Article L.162-4-4 du code de la sécurité sociale, prolongation d’un arrêt de travail, vérifié le 16 août 2026
- Légifrance : Article L.323-6 du code de la sécurité sociale, obligations de l’assuré pendant l’arrêt, vérifié le 16 août 2026
- Légifrance : Décret n° 2026-503 du 12 juin 2026 relatif aux visites de préreprise et de reprise, vérifié le 16 août 2026
- Service Public : Licenciement d’un salarié en arrêt maladie dans le secteur privé, vérifié le 20 octobre 2025
- Haute Autorité de santé : Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel ou burnout, fiche mémo, mars 2017
- Assurance Maladie, Risques professionnels : Prévention des risques psychosociaux, chiffres 2024 des affections psychiques reconnues, 21 avril 2026
- Michel Delbrouck : Le burn-out du soignant, De Boeck Supérieur, 2021, durées d’arrêt observées en pratique clinique
- L’Optimisme.pro : Enquête auprès de sa communauté, juillet 2026, N = 1 048 répondants


