Qualité de vie au travail (QVCT)
Mis à jour le 18 octobre 2026
La QVCT, c’est un peu comme une pub célèbre des années 90 : ce sont souvent ceux qui en parlent le plus qui en font le moins. Je lis tout et n’importe quoi sur le sujet. Depuis 2017 sur le terrain, après des centaines de formations, des milliers de témoignages et la création du premier Club des Chief Happiness Officers de France, il est temps de faire un vrai point.
J’ai vu le meilleur. J’ai vu le pire. Parfois dans la même entreprise.
Au point que nous n’avons jamais voulu établir de classement des entreprises où il ferait bon vivre. La qualité de vie et des conditions de travail tient autant aux personnes qu’aux process.
J’ai déjà vu, dans une même entreprise, des collaborateurs qui la trouvaient formidable, et d’autres qui la trouvaient invivable. Comme quoi.Catherine Testa
Si j’en parle de l’intérieur, c’est que je dirige moi-même une entreprise : je connais le management, les arbitrages, les budgets, les réunions. La plupart des médias qui traitent la QVCT en parlent de l’extérieur, rarement depuis le fauteuil de celui qui décide.
Ces 6 champs sont le dialogue professionnel et social, l’organisation et le contenu du travail, la santé et la prévention, les compétences et les parcours, l’égalité au travail, le projet d’entreprise et le management. La démarche suit quatre temps : concevoir et piloter, diagnostiquer, expérimenter, pérenniser. La charge de travail pèse lourd dans ce tableau : dans la même enquête, seuls 16 % parviennent souvent à dire non quand ils sont surchargés. Une démarche QVCT se juge donc sur le travail réel, pas sur la corbeille de fruits.
Dans ce guide, je fais le résumé de ce qu’il en est vraiment de la qualité de vie et des conditions de travail. Pourquoi tant de démarches plantent, combien coûte le mal-être, et surtout quels leviers une PME peut activer sans cabinet de conseil à 30 000 euros.
Ce guide sert de carte : une réponse directe par question, puis le lien vers le guide qui la traite à fond. La simplicité est la sophistication suprême, disait Léonard de Vinci. En PME surtout, la QVCT se construit avec peu de moyens, mais beaucoup d’écoute.
La QVCT (qualité de vie et des conditions de travail) désigne une démarche collective qui améliore le travail réel, son contenu, sa charge et son organisation, pour la santé des salariés et la performance de l’entreprise.
- 23 % des salariés déclarent un épuisement professionnel (baromètre Malakoff Humanis, 2025).
- 59 % des salariés se disent confrontés à des risques psychosociaux au travail, dont 32 % s’en déclarent victimes directes (baromètre BDO/OpinionWay, 2024).
- 25 % des salariés se déclarent en mauvaise santé mentale (baromètre Ipsos pour Qualisocial, janvier 2025).
- La démarche QVCT est structurée par l’ANACT autour de 6 champs, née de l’accord national interprofessionnel du 9 décembre 2020, transposé par la loi du 2 août 2021.
Sommaire
- QVCT : de quoi parle-t-on vraiment ?
- Qu’est-ce que la QVCT n’est pas, et pourquoi ce malentendu dure ?
- Quels sont les 6 champs de la QVCT selon l’ANACT ?
- Combien coûte le mal-être au travail, et quel est le ROI de la QVCT ?
- Pourquoi la QVCT est-elle un enjeu à part en PME ?
- Comment mettre en place une démarche QVCT, étape par étape ?
- Quels sont les leviers QVCT concrets qui marchent ?
- DUERP et RPS : quelles sont vos obligations légales en QVCT ?
- Quels indicateurs QVCT suivre pour piloter la démarche ?
- FAQ, foire aux questions sur la QVCT
QVCT : de quoi parle-t-on vraiment ?
La QVCT, qualité de vie et des conditions de travail, est une démarche collective qui améliore le bien-être ressenti des salariés tout en contribuant à la performance globale de l’organisation. Le sigle QVT vient de l’accord de 2013, le sigle QVCT de celui de 2020 : l’ajout des « conditions de travail » remet le travail réel au centre, la charge, les horaires, l’organisation, le sens.
La QVCT (qualité de vie et conditions de travail) désigne, depuis l’accord national interprofessionnel (ANI) du 9 décembre 2020, la démarche qui remplace officiellement la QVT. Cet accord a été transposé par la loi santé au travail du 2 août 2021, applicable depuis le 31 mars 2022 : à cette date, la QVCT s’est substituée à la QVT dans le Code du travail, en inscrivant les conditions réelles de travail, la charge, l’organisation et le sens, au cœur de la démarche.
L’ANI du 9 décembre 2020 donne au C ajouté un contenu précis, avec quatre priorités : la prévention primaire, la lutte contre la désinsertion professionnelle, le repérage précoce des risques, et la prise en compte des conditions de travail dès la conception des projets. Le centre de gravité se déplace : la démarche quitte le registre du bien-être périphérique pour rejoindre celui de l’organisation du travail. Le tableau qui suit résume la bascule.
| Critère | QVT (2013) | QVCT (2020) |
|---|---|---|
| Texte fondateur | ANI du 19 juin 2013 | ANI du 9 décembre 2020, loi du 2 août 2021 |
| Centre de gravité | Qualité de vie, ambiance, conciliation des temps | Travail réel et conditions de travail |
| Logique dominante | Amélioration et engagement | Prévention primaire et santé au travail |
| Risque de dérive | QVT gadget, avantages périphériques | Démarche exigeante, difficile à réduire à un gadget |
| Question posée à l’employeur | Vos salariés se sentent-ils bien ? | Votre organisation permet-elle de faire du bon travail sans s’abîmer ? |
Cette bascule, nous la travaillons en direct avec les équipes dirigeantes lors de notre atelier QVCT en entreprise. Le constat revient à chaque session : les participants connaissent le sigle ; ils connaissent rarement le contenu de l’accord.
Quand nous avons commencé, tout le monde s’en foutait
Quand nous avons lancé ce média en 2017, la Semaine de la QVT existait déjà depuis des années et personne n’en parlait vraiment. Beaucoup se sont moqués de nous. Nous parlions alors surtout de bien-être au travail : le mot est questionnable, je le sais, mais il permettait à chacun de comprendre de quoi il s’agissait. Pour être honnête, tout le monde s’en foutait, alors que le terme était apparu dès 2013.
Qu’est-ce que la QVCT n’est pas, et pourquoi ce malentendu dure ?
La QVCT ne se résume ni à une corbeille de fruits, ni à un babyfoot, ni à une séance de yoga. Elle porte sur le travail lui-même, sa charge, son organisation et son management. Un bureau réglé à la bonne hauteur prévient des troubles musculo-squelettiques, sans constituer pour autant une politique de qualité de vie au travail. Une sensibilisation ponctuelle à la santé mentale y contribue elle aussi, sans suffire à elle seule, et ces à-côtés restent appréciés par beaucoup. Mais nous avons vu un grand basculement s’opérer : à un moment, tout est devenu QVCT, et tout est devenu santé mentale.
Ce qui relève d’une politique QVCT, et ce qui y contribue sans y suffire.C’est souvent beaucoup d’intellectualisme extérieur aux entreprises qui tape sur ces à-côtés. Nous, sur le terrain, nous avons constaté que l’environnement de travail fait partie de la QVCT, même s’il ne fait pas tout. Il ne remplacera jamais le traitement d’un manager toxique. Nous avons aussi vu la QVCT devenir un business : des plateformes vendent des sensibilisations portées par des gens qui ne connaissent pas le sujet, et des entreprises achètent pour cocher une case. Nous ne citons personne, faire de la délation n’est pas notre rôle. Mais ce mouvement, nous l’avons bien vu arriver.
Quels sont les 6 champs de la QVCT selon l’ANACT ?
Les 6 champs de la QVCT définis par l’ANACT sont le dialogue professionnel et le dialogue social, l’organisation, le contenu et la réalisation du travail, la santé au travail et la prévention, les compétences et les parcours professionnels, l’égalité au travail, et le projet d’entreprise et le management. Ils se représentent sous la forme d’une fleur, la « marguerite QVCT », avec le travail réel au centre. Selon les documents, vous les verrez appelés les 6 champs, les 6 piliers ou les 6 sujets de la QVCT : ce sont les mêmes, seul le mot change.

| Champ ANACT | Ce qu’il couvre |
|---|---|
| Dialogue professionnel et dialogue social | Relations de travail, communication, dialogue social. |
| Organisation, contenu et réalisation du travail | Charge, autonomie, sens, qualité du travail possible. |
| Santé au travail et prévention | Prévention des RPS et des TMS, DUERP, ergonomie. |
| Compétences et parcours professionnels | Formation, évolution, employabilité. |
| Égalité au travail | Égalité femmes-hommes et de traitement. |
| Projet d’entreprise et management | Transparence, information, participation des salariés. |
Ces intitulés suivent la formulation actuelle de l’ANACT, telle que la reprennent le ministère des Solidarités (page publiée le 2 mars 2026) et l’Agefiph. Une version antérieure de cette page reprenait une formulation plus ancienne, encore très répandue : les relations au travail et le climat social, le contenu du travail, la santé au travail, les compétences et les parcours professionnels, l’égalité professionnelle, et le management participatif et l’engagement.
Ces six champs se répondent : améliorer le climat social en ignorant la charge de travail ne marche pas. Ce caractère systémique distingue une démarche sérieuse d’une opération de communication interne.
Le chantier le plus compliqué reste presque toujours le même : l’organisation du travail elle-même, et la formation à un management différent. Ça fait peur, surtout aux entreprises déjà en flux tendu. Les autres champs demandent surtout une sensibilisation commune, et se travaillent de proche en proche : au fond, il s’agit de créer une culture d’entreprise.
Combien coûte le mal-être au travail, et quel est le ROI de la QVCT ?
Le mal-être au travail a un prix, et il est documenté : le coût caché de l’absentéisme atteint 4 059 euros par actif employé et par an selon l’Institut Sapiens, le stress au travail pèse 3 à 4 % du PIB des pays développés selon l’INRS, et 8 % seulement des salariés français se déclarent engagés selon Gallup. À l’inverse, des salariés heureux se révèlent environ 13 % plus productifs, mesuré en conditions réelles par l’université d’Oxford.
→ Le guide completCoût du mal-être au travail et ROI de la QVCT : les chiffres pour décider
Beaucoup de dirigeants, et même des managers, voient la QVCT comme une dépense de confort. J’interviens majoritairement sur le terrain, et je le constate souvent. Pourtant, l’inaction coûte souvent plus cher que l’action : elle pèse sur l’attractivité, alimente les arrêts, et peut mettre une entreprise au pied du mur. Un collaborateur qui se sent bien avec ses collègues, qui sait pourquoi il travaille, sera forcément moins souvent en arrêt. J’ai parfois l’impression de théoriser le bon sens. Sa forme la plus lourde porte un nom : le burn-out au travail. Côté prévention, un euro investi peut en rapporter jusqu’à treize selon les contextes : la QVCT bien menée relève de l’investissement, pas de la charité.
La QVCT, ce n’est pas ce qui est affiché. C’est la façon dont les collaborateurs se sentent le dimanche soir, à l’idée de revenir au travail le lendemain.Catherine Testa
Pourquoi la QVCT est-elle un enjeu à part en PME ?
En PME, la QVCT se joue sans direction dédiée, sans budget fléché et sans cabinet externe. Là où les grands groupes disposent de directions QVCT et de cabinets, une PME avance souvent avec un dirigeant seul sur le sujet, du temps compté et un budget serré. C’est justement là que la qualité de vie au travail devient un défi passionnant, et que le marché de l’accompagnement reste le plus mal outillé. Elle y dispose aussi d’atouts que les grands groupes n’ont pas : la proximité, la rapidité de décision, la possibilité de tester une idée le lundi et de l’ajuster le vendredi. Cet avantage interdit les recettes toutes faites, à commencer par le fait de copier les grands groupes. Deux pièges guettent aussi : la QVCT cosmétique, qui masque un problème d’organisation, et le mirage de l’outil, qui fait croire qu’un logiciel dispensera de repenser le travail. Une PME qui réussit écoute vraiment ses salariés avant de décider : ça coûte du temps d’attention et de l’honnêteté sur l’existant, pas 30 000 euros.
→ Le guide completQVCT en PME et TPE : par où commencer sans service RH ni budget
Je manage depuis mes 24 ans. Je l’ai constaté au fil des années : certains ont besoin d’un joli cadre pour se sentir bien, d’autres ont juste besoin d’un ordinateur et ils arrivent à bosser. Les gens sont différents les uns des autres. La QVCT ne peut être que du sur-mesure.Catherine Testa, fondatrice de L’Optimisme
Comment mettre en place une démarche QVCT, étape par étape ?
L’ANACT recommande une démarche QVCT en quatre étapes : concevoir et piloter, diagnostiquer, expérimenter, pérenniser, avec un pilotage paritaire associant direction et représentants des salariés. Le principe fort : passer à l’expérimentation au plus vite. L’outil central reste l’espace de discussion sur le travail.
→ Le guide completLa démarche QVCT étape par étape : les 4 phases de l’ANACT
Un comité léger et un dirigeant impliqué suffisent en PME.
Absentéisme, turnover, tensions, et surtout la parole des équipes.
Deux priorités maximum, testées en situation réelle avec les managers.
Un cycle d’amélioration continue, jamais un projet qu’on clôture.
Ce que chaque étape demande vraiment
Concevoir et piloter, c’est obtenir un engagement visible de la direction, installer un comité de pilotage paritaire et écrire noir sur blanc le périmètre et les objectifs. Diagnostiquer, c’est croiser les indicateurs existants (absentéisme, turnover, entretiens) avec la parole des équipes, recueillie dans des espaces de discussion sur le travail. Expérimenter, c’est tester une action sur un périmètre restreint, avec un objectif mesurable et une équipe volontaire, avant toute généralisation. Pérenniser, enfin, c’est mesurer, partager les enseignements et inscrire ce qui fonctionne dans l’organisation, parfois dans un accord.
Pourquoi tant d’entreprises calent-elles au diagnostic ? Parce qu’un diagnostic honnête dérange. Il fait remonter la charge réelle, les injonctions contradictoires, les signaux d’épuisement. Une démarche sérieuse assume ces remontées, et elle réduit du même coup le terreau de l’épuisement professionnel. En PME, le format s’allège sans perdre sa rigueur : un binôme dirigeant et manager qui cadre, un diagnostic mené en quelques entretiens collectifs, une expérimentation par trimestre.
J’insiste sur ce point : la plupart des échecs viennent d’un défaut d’écoute au départ, bien plus que d’un manque de moyens.
Quels sont les leviers QVCT concrets qui marchent ?
Les leviers QVCT qui produisent des résultats réels en PME coûtent presque rien : la reconnaissance, l’autonomie, le lien entre collaborateurs, un cadre clair sur la charge, des managers de proximité formés et une santé mentale non taboue. Ils portent sur la relation et l’organisation, pas sur l’équipement.
Ces leviers collectifs recoupent des facteurs individuels de bien-être documentés par la recherche : nous détaillons les 5 facteurs qui améliorent le bien-être au travail et proposons une grille pour évaluer votre propre bien-être au travail selon trois dimensions.
- La reconnaissance, un merci sincère et un feedback régulier.
- L’autonomie réelle, pas maquillée, sur sa façon de travailler.
- Le lien entre collaborateurs, au quotidien, pas au séminaire annuel.
- Un cadre clair sur la charge, les attentes et les délais.
- Des managers de proximité formés et soutenus.
- Une santé mentale visible et non taboue, sans dramatiser ni nier.
Chaque collaborateur peut aussi mobiliser ses propres leviers au quotidien : nos 10 conseils pour relâcher la pression détaillent des gestes concrets, en complément de ces leviers organisationnels.
Reste l’organisation du temps de travail : la flexibilité, le télétravail et la semaine de 4 jours produisent des effets réels quand ils s’accompagnent d’une charge de travail revue, et déçoivent quand ils la laissent intacte.
Trois configurations que nous voyons tenir dans la durée
Depuis 2017, nos sensibilisations en entreprise nous montrent trois configurations qui produisent des effets durables. Aucune ne coûte cher ; toutes exigent de la constance. La première : des espaces de discussion sur le travail, réguliers et animés, où l’équipe traite les frictions concrètes du quotidien avant qu’elles ne s’enkystent. La deuxième : une régulation visible de la charge, avec des arbitrages rendus par le management quand tout devient prioritaire. La troisième : un droit à la déconnexion outillé, porté par l’exemplarité des dirigeants plutôt que par une charte oubliée dans un tiroir.
Le levier oublié : le manager de proximité
Le discours QVCT met rarement les managers de proximité au centre. C’est une erreur : ils portent une part énorme du résultat, on leur en demande de plus en plus sans les former, et beaucoup souffrent, parfois davantage que leurs équipes. Ce que je vois sur le terrain est net : une démarche qui fonctionne, c’est presque toujours celle qui embarque les managers. Le premier levier QVCT ne coûte rien, c’est un manager de proximité qui prend des nouvelles.
Un manager qu’on forme et qu’on protège, c’est toute une équipe qui respire.
Ce chiffre et celui des 16 % qui arrivent à dire non dessinent les deux gestes à outiller chez les managers : demander sincèrement comment ça va, et arbitrer la charge quand tout devient prioritaire. Une démarche QVCT qui laisse ces deux gestes de côté passe à côté du principal.
Tant que cette question n’est pas posée, aucun dispositif QVCT ne tiendra dans la durée. Les témoignages que nous recevons chaque semaine et nos sensibilisations en entreprise le confirment. La QVCT couvre d’ailleurs un champ large : la neurodiversité en fait pleinement partie, un collaborateur TDAH, autiste ou dys a besoin d’un cadre de travail ajusté.
DUERP et RPS : quelles sont vos obligations légales en QVCT ?
En QVCT, deux obligations existent, et une troisième n’existe pas. Le DUERP et la prévention des risques psychosociaux s’imposent dès le premier salarié, au titre de l’obligation générale de sécurité de l’employeur renforcée par la loi du 2 août 2021. La démarche QVCT structurée, elle, n’est obligatoire nulle part. Cette confusion génère souvent de l’immobilisme, par peur de mal faire.
→ Le guide completDUERP et RPS : les obligations de l’employeur en QVCT
| Sujet | Statut légal | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| DUERP | Obligatoire dès 1 salarié | Évaluer, consigner et mettre à jour les risques professionnels. |
| Prévention des RPS | Obligatoire | Obligation de sécurité de l’employeur, adossée au DUERP. |
| Négociation égalité et QVCT | Obligatoire avec délégués syndicaux (souvent 50+ salariés) | Négocier chaque année sur l’égalité professionnelle et la QVCT. |
| Démarche QVCT structurée | Non obligatoire | Choix stratégique de l’entreprise, dans une logique d’amélioration continue. |
Pour prévenir les RPS, l’ANACT recommande d’évaluer les risques via un DUERP actualisé, de prioriser les actions selon leur gravité, puis de suivre les indicateurs clés.
L’article L2242-17 du Code du travail impose une négociation annuelle sur l’égalité professionnelle et la qualité de vie et des conditions de travail dans les entreprises d’au moins 50 salariés dotées d’un délégué syndical. Côté risques psychosociaux, le rapport Gollac (2011), repris par l’INRS, distingue six familles de facteurs : intensité et temps de travail, exigences émotionnelles, autonomie insuffisante, rapports sociaux dégradés, conflits de valeurs, insécurité de la situation de travail. Ces six familles donnent une grille de lecture directement utilisable pour alimenter le DUERP.
L’obligation de fond figure à l’article L.4121-1 du Code du travail : l’employeur prend les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Elle existe indépendamment de toute démarche QVCT, et elle couvre les risques psychosociaux. Le CSE joue aussi sa partition : dans les entreprises d’au moins 50 salariés, il est consulté sur l’organisation du travail et la santé, et ses élus font remonter des signaux que les enquêtes ne captent pas. Une démarche QVCT qui contourne les représentants du personnel se prive d’un capteur ; elle fabrique aussi de la défiance.
Un levier financier reste trop peu connu des PME : l’Assurance Maladie propose des subventions Prévention TPE/PME plafonnées à 25 000 euros, dont une subvention « Soutien RPS » dédiée aux risques psychosociaux, à demander sur net-entreprises.fr.
Quels indicateurs QVCT suivre pour piloter la démarche ?
Trois familles d’indicateurs QVCT suffisent en PME : les indicateurs de perception, recueillis par un baromètre interne court, les indicateurs de fonctionnement déjà disponibles (absentéisme, turnover, ancienneté moyenne), et les indicateurs de santé, comme la nature et la durée des arrêts, suivis dans le respect de la confidentialité.
→ Le guide completIndicateurs et baromètre QVCT : quoi mesurer, et comment sans usine à gaz
Le piège classique reste le baromètre alibi : on interroge les salariés, on range les réponses, et rien ne change. Mesurer pour agir, pas pour cocher une case. Un baromètre léger suivi d’actions visibles vaut mille pages d’enquête sans suite.
Pour piloter la démarche elle-même, ajoutez une poignée d’indicateurs d’activité : le nombre d’espaces de discussion réellement tenus, la part des managers formés, les actions expérimentées puis généralisées ou abandonnées. Second piège après le baromètre alibi : ne retenir que les indicateurs flatteurs. Un fort taux de participation au séminaire annuel ne dit rien des conditions de travail réelles. Et un indicateur QVCT qui ne se discute jamais en comité de direction reste un indicateur décoratif.
Partagez votre démarche, vos réussites ou vos difficultés. Vos retours nourrissent nos contenus.
anne@loptimisme.comLa qualité de vie au travail reste un levier de performance à la portée de toute PME qui accepte d’écouter avant de décider, de commencer petit sans se mentir, et de mesurer pour ajuster. Personne n’a une meilleure légitimité pour en parler qu’une dirigeante qui le vit chaque jour avec sa propre équipe, après avoir observé plus de 300 sites d’entreprise.
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FAQ, foire aux questions sur la QVCT
Quelle est la définition de la QVCT ?▼
Quelle est la différence entre QVT et QVCT ?▼
Quels sont les 6 champs de la QVCT ?▼
La QVCT est-elle obligatoire pour une PME ?▼
Comment mettre en place une démarche QVCT en PME ?▼
Combien coûte le mal-être au travail ?▼
Existe-t-il des aides financières pour la QVCT en PME ?▼
Quels sont les 6 piliers de la QVCT ?▼
Qu’est-ce qu’une démarche QVCT ?▼
Quelles sont les 4 étapes de la démarche QVCT ?▼
Quels indicateurs QVCT faut-il suivre ?▼
Qu’est-ce qu’un COPIL QVCT ?▼
Quels sont les métiers de la QVCT ?▼
Quels sont des exemples d’actions QVCT concrètes ?▼
Quelles sont les 6 dimensions de la QVCT ?▼
Quels sont les 7 piliers du bien-être au travail ?▼
Qui pilote la démarche QVCT dans l’entreprise ?▼
Combien de temps prend une démarche QVCT ?▼
Le babyfoot et les corbeilles de fruits comptent-ils dans la QVCT ?▼
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anne@loptimisme.com- ANACT, La QVCT, de quoi parle-t-on ? (ANI 2013, ANI 2020, loi du 2 août 2021, démarche en 4 étapes), 2026
- ANACT, Référentiel qualité de vie et des conditions de travail (les 6 champs), 2024
- Gallup, State of the Global Workplace (engagement 8 % en France, coût du désengagement, turnover), 2026
- Verlingue, Baromètre absentéisme, 7e édition (5,9 % en 2024), 2025
- Institut Sapiens, Le coût caché de l’absentéisme au travail, 108 milliards € (4 059 euros par actif employé et par an), 2018
- Malakoff Humanis, Étude Absentéisme 2026 (troubles psychologiques, 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours), 2026
- INRS, Stress au travail, conséquences pour l’entreprise (RPS, part du PIB, journées perdues), 2024
- OMS et OIT, La santé mentale au travail (12 milliards de jours, 1 000 milliards de dollars), 2022
- Université d’Oxford, Saïd Business School / CEPREMAP, Bonheur et productivité (+13 %), 2019
- ameli.fr, Subventions prévention TPE/PME et Soutien RPS (plafond 25 000 euros), 2025
- Loi du 2 août 2021, Loi n° 2021-1018 pour renforcer la prévention en santé au travail (DUERP), 2021
- EU-OSHA, Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, Calcul des coûts du stress et des risques psychosociaux liés au travail (coût de la dépression liée au travail, retour sur investissement de la prévention), 2014
- ANI du 9 décembre 2020, Accord national interprofessionnel pour une prévention renforcée et une offre renouvelée en matière de santé au travail (passage de la QVT à la QVCT, prévention primaire), 2020
- ANI du 19 juin 2013, Vers une politique d’amélioration de la qualité de vie au travail et de l’égalité professionnelle (définition fondatrice de la QVT), 2013
- INRS, Risques psychosociaux, facteurs de risque (les six familles de facteurs du rapport Gollac, 2011)
- HAS, Haute Autorité de santé, Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel ou burnout (le burn-out comme syndrome, repérage précoce), 2017, mis à jour en décembre 2025
- Ministère des Solidarités, Outils et ressources pour améliorer la qualité de vie et les conditions de travail des professionnels (six domaines d’action définis par l’ANACT), page publiée le 2 mars 2026, consultée le 13 octobre 2026 solidarites.gouv.fr
- Agefiph, Le handicap : un activateur de progrès du dialogue social, guide pratique (schéma des six sujets de la QVCT, source ANACT), 2026, consulté le 13 octobre 2026 innovation.agefiph.fr
- Code du travail, article L.4121-1 (obligation de sécurité de l’employeur, santé physique et mentale) et article L.2242-17 (négociation sur l’égalité professionnelle et la QVCT), version en vigueur, consultée le 18 octobre 2026
Deux dimensions de la QVCT à ne pas négliger : la charge mentale au travail, souvent invisible, et le quiet quitting, symptôme d’une démarche QVCT mal engagée.


