Depuis des années, notre équipe forme, sensibilise et reçoit des centaines de témoignages sur la santé mentale au travail. Un constat revient sans cesse : les dirigeants et les DRH savent que le sujet est brûlant, mais ne savent pas par où commencer. Ce guide pose les repères pour agir, du cadre légal aux leviers concrets, sans jargon et sans plomber l’ambiance.
On sait qu’il faut faire quelque chose sur la santé mentale, mais on a peur de mal faire, alors on ne fait rien.Un DRH, témoignage reçu à L’Optimisme.pro
Sommaire
Santé mentale au travail : de quoi parle-t-on
La santé mentale ne concerne pas seulement les personnes qui ont un trouble diagnostiqué. On peut aller mal sans trouble, et vivre avec un trouble tout en allant bien. C’est ce que la recherche appelle le double continuum de la santé mentale. Ce modèle change tout pour une entreprise : il déplace le sujet du soin vers la prévention, et il concerne tous les collaborateurs, pas une minorité.

Pourquoi c’est un enjeu majeur en 2026
Les chiffres ne laissent plus de place au doute. En France, près d’un adulte sur six a vécu un épisode dépressif en 2024, et jusqu’à 22 % chez les 18-29 ans. Au travail, un salarié sur deux présente des signes de détresse psychologique, un niveau record depuis 2020.
Côté entreprise, les troubles psychologiques sont devenus le premier motif des arrêts de travail longs : ils représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours, une part encore plus forte chez les cadres. Et un salarié sur deux montre des signes de détresse au travail.
Ce que la loi impose à l’employeur
Beaucoup de dirigeants l’ignorent : la santé mentale n’est pas une option managériale, c’est une obligation légale. L’employeur est tenu d’assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de ses salariés, et d’évaluer les risques psychosociaux dans son document unique. C’est une obligation de moyens, pas de format imposé, ce qui laisse une vraie liberté d’action.
La santé mentale au travail n’est pas un supplément d’âme. C’est une responsabilité de l’employeur, au même titre que la sécurité physique.
Les facteurs de risque psychosociaux
Pour agir, il faut d’abord comprendre ce qui abîme la santé mentale au travail. La recherche a identifié six grandes familles de facteurs de risques psychosociaux, connues sous le nom de familles Gollac. Les repérer permet d’agir sur les causes, pas seulement sur les symptômes.

Les leviers qui protègent la santé mentale
La bonne nouvelle, c’est qu’agir sur la santé mentale ne demande pas de devenir soignant. La recherche montre que trois besoins fondamentaux protègent la santé psychique au travail : l’autonomie, la compétence et le lien social. Un manager qui nourrit ces trois besoins protège ses équipes, sans jamais poser de diagnostic.

Agir concrètement : la démarche en 3 étapes
La plus grosse erreur consiste à vouloir tout régler d’un coup, souvent en formant quelques personnes sans avoir préparé le terrain. Notre expérience de sensibilisation le montre : une démarche santé mentale qui tient dans le temps se construit en trois étapes, dans l’ordre.

Une conférence courte crée un déclic collectif et pose un vocabulaire commun, sans plomber l’ambiance.
Une fois la parole ouverte, on outille les managers et les collaborateurs volontaires avec une formation adaptée.
On installe des relais, des rituels et des ressources internes pour que le sujet vive au-delà d’un événement.
Une entreprise a proposé une formation sans sensibiliser avant. Résultat : 4 inscriptions sur 200 collaborateurs. La sensibilisation, c’est l’étape 1, jamais l’inverse.Un cas vécu, partagé lors de nos accompagnements
Former les équipes : le bon format selon la maturité
Il n’existe pas un format unique. Le bon choix dépend de votre maturité sur le sujet. Beaucoup d’entreprises pensent que les Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) sont la meilleure option d’entrée. C’est une erreur fréquente.
Le PSSM est un programme citoyen, précieux mais figé : il n’aborde pas le burn-out, mobilise deux jours pour seize volontaires, et emploie un vocabulaire clinique éloigné du quotidien de l’entreprise. C’est une bonne étape 2 ou 3, quand la démarche est déjà mature, pas une étape 1. Commencez plutôt par une sensibilisation courte qui touche tout le monde et libère la parole.
À lire aussiPremiers Secours en Santé Mentale : les 8 questions les plus fréquentes

Catherine Testa embarque vos équipes avec une conférence vivante et incarnée. Le déclic collectif pour lancer votre démarche du bon pied.
Plus de 500 conférences et interventions. Formats : conférence 45 min, sensibilisation 1h30 ou 3h, formation 1 ou 2 journées.
🎤 Demander une conférence santé mentaleBesoin d’un formateur PSSM ? Pour vous former à la santé mentale, quel que soit le format, contactez-nous.

Santé mentale au travail : par où commencer
Agir sur la santé mentale au travail ne demande pas de tout révolutionner. Un premier pas suffit : ouvrir la parole. Comprendre le double continuum, connaître ses obligations, agir sur les leviers d’autonomie, de compétence et de lien, puis dérouler la démarche dans l’ordre. Et surtout, commencer par sensibiliser avant de former.
FAQ, foire aux questions sur la santé mentale au travail
La santé mentale au travail est-elle une obligation légale ?▼
Par quoi commencer une démarche santé mentale ?▼
Faut-il former des Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) ?▼
Quel est le coût de la mauvaise santé mentale ?▼
Un manager peut-il agir sans être psychologue ?▼
- Santé publique France : Baromètre 2024, épisodes dépressifs, 2025
- Asterès / Acteurs de la French Care / MGEN : coût des troubles psychiques des actifs, 2025
- Malakoff Humanis : étude 2026 sur l’absentéisme, données 2025
- OMS : plus d’un milliard de personnes concernées, septembre 2025
- Catherine Testa : Aider, oser parler de santé mentale, Michel Lafon, 2023


