Dans le monde professionnel actuel, la collaboration au travail est primordiale. Les personnalités toxiques peuvent non seulement altérer l’ambiance mais aussi entraver la productivité et le bien-être de ceux qui les entourent. Parmi ces personnalités, le pervers narcissique se distingue par sa capacité à manipuler subtilement ses collègues et à créer un environnement de travail toxique.
Suite à de nombreux témoignages de nos lecteurs, nous avons pris l’initiative de consacrer un article détaillé aux pervers narcissiques dans le cadre professionnel.
Notre démarche ne vise pas à empiéter sur le domaine psychiatrique, mais plutôt à fournir des clés de compréhension et d’action pour ceux qui suspectent la présence d’un collègue ou d’un supérieur nuisible dans leur environnement professionnel.
Reconnaître ces individus est essentiel pour préserver une atmosphère saine et promouvoir une culture d’entreprise valorisante.
Des comportements qui recoupent précisément le profil décrit dans cet article. Pour objectiver votre situation, faites le test collègue toxique en 14 questions. Deux témoignages reçus lors de cette enquête illustrent ce profil.
« Par devant, le collègue très sympa et serviable. Ensuite, par derrière, il vous descend en cachette auprès du boss. »Une répondante de notre communauté, verbatim brut, enquête de juillet 2026
« Mes idées étaient toujours nulles, mais bizarrement, peu de temps après, elles étaient mises en application en étant présentées comme les siennes ! »Une alternante dans une toute petite structure, verbatim brut, enquête de juillet 2026
Sommaire
Qu’est-ce qu’un pervers narcissique ?
Un pervers narcissique est une personne dont le trouble narcissique s’exprime par la manipulation et la dévalorisation de son entourage. Au travail, ce profil avance masqué derrière un charme de façade, et c’est précisément ce qui le rend difficile à repérer.
Définition pervers narcissique
Rappelons qu’il est impossible et inapproprié de qualifier formellement une personne de « pervers narcissique » ou de poser un diagnostic précis sans être un professionnel formé et habilité à poser un diagnostic.
Il est cependant possible d’avoir un faisceau d’indices qui pourra vous permettre de mieux réagir face à ce genre de personnalité.
1 à 6% de la population !
Cependant, la prévalence des comportements spécifiquement « pervers narcissiques », qui impliquent une manipulation et une toxicité plus marquées, est plus difficile à quantifier précisément, en partie due à la complexité des diagnostics et à la variabilité des comportements individuels.
D’autant qu’il est rare qu’un pervers narcissique s’interroge et aille consulter !
Agir
Il est important de mettre en place des stratégies efficaces pour neutraliser l’influence nocive d’un collègue et promouvoir un environnement de travail sain et respectueux.
Si vous identifiez un ou plusieurs de ces comportements au sein de votre organisation, il est crucial d’agir avec tact et de consulter les ressources humaines ou un professionnel pour gérer la situation de manière appropriée. Quand la relation s’installe dans la durée, elle peut basculer dans une véritable situation d’emprise au travail, et elle mérite alors d’être nommée pour être traitée.
Nous n’avons de cesse de le répéter : oser demander de l’aide.
10 signes qui peuvent indiquer que vous avez à faire à un pervers narcissique
Les 10 signes qui suivent peuvent vous aider à identifier un pervers narcissique au travail. Les témoignages qui les illustrent ont été reçus par notre rédaction, ils sont publiés en anonymat complet.

1. Charmant au premier abord
Au début, les pervers narcissiques peuvent se montrer particulièrement charmants et charismatiques. Ils utilisent ce masque pour séduire et gagner la confiance des autres.
« Quand il est arrivé dans l’entreprise, il m’a impressionné par son aisance et sa gentillesse. »Témoignages reçus par notre rédaction
« Au début, ma manageuse me flattait sans cesse, ce que je faisais semblait merveilleux à ses yeux. »
« Il avait le compliment facile ! C’est horrible à dire, mais comme il était vraiment imposant et beau, on se sentait flatté quand il nous faisait un compliment. »

2. A besoin d’être admiré
Les pervers narcissiques ont tendance à chercher l’admiration constante de leurs collègues et supérieurs, se vantant souvent de leurs réalisations, parfois exagérées ou non fondées.
« Mon manager se félicitait sans cesse de ce qu’il avait fait, même des choses mineures. Au début, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un style de management. J’ai compris avec le temps qu’il croyait vraiment ce qu’il disait et voulait qu’on chante ses louanges. »Témoignages reçus par notre rédaction
« Elle était irritée quand on ne valorisait pas ce qu’elle avait fait ou quand on parlait en bien des autres membres de l’équipe. »

3. Manque d’empathie
Une absence remarquable d’empathie envers les sentiments ou les situations des autres est un signe révélateur. Ils semblent indifférents aux difficultés ou aux réussites des collègues.
« Il n’a eu aucune empathie pour une collègue qui vivait une période difficile. Il changeait de sujet quand je voulais en parler avec lui. Je n’ai pas été la seule à tenter d’ouvrir le dialogue, mais c’était comme s’il refusait le sujet. Il détournait la conversation pour reparler de lui-même. »Témoignages reçus par notre rédaction
« Il ne supportait pas qu’on parle des événements de vie des autres. Il reparlait systématiquement de lui, de sa vie, de ses propres préoccupations. »
« Je n’ai vu clair que le jour où j’ai été plus vulnérable. Elle refusait d’entendre et était un total déni de mes propos. Quand j’étais performante tout allait bien, le jour où j’ai eu besoin de soutien, tout a changé. Je n’avais pas le droit ‘de lui faire faux bond’. J’ai tellement culpabilisé ! »

4. Exploite souvent ses relations
Les pervers narcissiques utilisent souvent les autres pour atteindre leurs propres objectifs. Ils minimisent l’impact des autres dans les réussites collectives.
« Il était sympa et venait toujours me demander des idées en off. Je lui répondais volontiers. J’ai compris que je n’étais utile qu’à ça ! »Témoignages reçus par notre rédaction
« Elle était très forte pour attirer la couverture à elle. Elle utilisait les autres pour faire avancer sa propre carrière sans considération pour le travail fourni par tous. »
« Le jour où j’ai eu moins de responsabilités, je n’ai plus eu grâce à ses yeux. »

5. Éprouve de la jalousie
Les pervers narcissiques perçoivent souvent le succès des autres comme une menace. Ils peuvent tenter de minimiser ou de saper les réalisations de leurs collègues.
« Au bout d’un moment, je me suis rendue compte qu’elle dégradait systématiquement mes réussites. J’avais eu de la chance. Ou alors c’était normal. Jamais je n’avais de remerciements ou de félicitations. Cela a eu un véritable impact sur ma confiance en moi. J’ai progressivement perdu confiance en moi. Heureusement que des collègues subissaient la même chose, nous avons ainsi compris qu’on n’était pas le problème mais qu’elle l’était. »Témoignages reçus par notre rédaction
« Dans toutes les réunions, on avait l’impression qu’il se méfiait de nos réussites. On sentait qu’il avait peur qu’on prenne sa place. C’était horrible. »

6. N’accepte pas la critique
Les pervers narcissiques ont beaucoup de mal à se remettre en question. Même face à une critique constructive, ils réagissent avec colère ou dédain, refusant d’admettre leurs erreurs et de réfléchir à des pistes d’amélioration.
« Quand quelqu’un lui faisait une remarque, soit il ne l’entendait pas, soit il considérait que la remarque n’était pas justifiée. Aucune remise en question. »Témoignages reçus par notre rédaction
« Elle était convaincue d’avoir toujours raison. Elle ne donnait aucune place aux autres. Ils avaient forcément tort. Elle ne le disait pas de façon directe, mais insinuait que les autres étaient moins intelligents. Je pense qu’elle en était convaincue. »

7. Manipulation des autres
Ils manipulent les émotions des autres pour obtenir ce qu’ils veulent. Dans le monde du travail, cela peut créer un climat de peur, d’incertitude ou de culpabilité.
« Il nous faisait du chantage. On le décevait personnellement si on n’allait pas dans son sens. »Témoignages reçus par notre rédaction
« Il usait de procédés manipulatoires pour qu’on suive ses idées… Je crois qu’il ne s’en rendait même pas compte. »

8. Tendance à la paranoïa
Un pervers narcissique peut être excessivement méfiant, percevant des menaces ou des complots inexistants contre lui au sein de l’entreprise.
« Mon manager était régulièrement convaincu qu’on complotait contre lui. Il ne supportait pas de ne pas être informé des choses. Mais c’est vrai qu’au bout d’un moment, on a eu besoin de faire remonter ses pratiques managériales auprès de la DRH… »Témoignages reçus par notre rédaction
« Elle mettait des mesures de surveillance complètement disproportionnées ! Elle pensait qu’on était comme elle alors que ce n’était pas le cas. Elle a fait fuir toute l’équipe avec son micro-management. »

9. Besoin de contrôle
Ils ont besoin de contrôler les situations et les personnes, intervenant souvent de manière inappropriée dans les tâches ou les décisions d’autrui.
« La gestion des projets avec lui était insupportable. Il se croyait au-dessus des autres, tirait tout à lui, et donnait son avis sur tout. »Témoignages reçus par notre rédaction
« Il devait approuver chaque détail. Je me disais que certains types de personnalités étaient comme ça. Le problème c’est qu’il a fait la confiance à tous les autres. On était infantilisés. »

10. Alternance de phases de valorisation et de dévalorisation
Les pervers narcissiques alternent les phases. Ils passent souvent de la valorisation excessive à la dévalorisation brutale de leurs collègues, selon leurs besoins du moment.
« Le problème était qu’à chaque fois que je commençais à voir clair dans son jeu, on changeait de phase. Elle devenait sympa, comme au début. Je me disais que c’était moi qui me faisais des idées. »Témoignages reçus par notre rédaction
« Comme les phases s’alternent, on se dit qu’il a quand même des bons côtés. On se raccroche à ça pour tenir alors qu’il n’y a qu’une solution : FUIR !!! »
« Certains jours, il me couvrait de compliments, et le lendemain il critiquait mon travail comme si j’étais un incapable. C’est très déstabilisant. On ne sait pas sur quel pied danser. »
PERVERS NARCISSIQUES AU TRAVAIL
Evidemment, il ne s’agit là que d’exemples et il ne s’agit pas de poser un diagnostic sur votre collègue ou sur votre manager. Si ces agissements viennent de votre hiérarchie, notre guide du management toxique détaille 10 signes concrets et les moyens de réagir.
L’objectif de notre article est de rappeler que dans le contexte professionnel, ces individus peuvent devenir particulièrement nuisibles, affectant la dynamique d’équipe et la santé mentale des collègues.
Parlez-en autour de vous, demandez de l’aide en interne. Ne restez pas seul face à ce type de personnalité, qui peut altérer votre confiance en vous.

FAQ : vos questions sur le pervers narcissique au travail
Comment reconnaître un pervers narcissique au travail ?▼
Quelle est la différence entre un pervers narcissique et un manager toxique ?▼
Que faire face à un pervers narcissique au travail ?▼
Le pervers narcissique sait-il ce qu’il fait ?▼
Peut-on qualifier soi-même un collègue de pervers narcissique ?▼
Les agissements d’un pervers narcissique relèvent-ils du harcèlement moral ?▼
Votre témoignage aide d’autres salariés, et d’autres managers, à repérer ces situations plus tôt. Écrivez-nous à rose@loptimisme.com. Les témoignages sont publiés en anonymat complet.
- L’Optimisme.pro : Enquête auprès de sa communauté (Instagram), juillet 2026, N = 2 343 répondants, série « comportements toxiques entre collègues », et témoignages reçus par la rédaction, publiés en anonymat complet
- Stinson F.S. et al. : Prevalence, Correlates, Disability, and Comorbidity of DSM-IV Narcissistic Personality Disorder, The Journal of Clinical Psychiatry, 2008 (enquête NESARC, États-Unis)
- Code du travail : Harcèlement moral au travail, articles L.1152-1 et suivants, service-public.fr, mis à jour 2025



