On ose à peine en parler… Et pourtant, bien des situations « normalisées » dans certains espaces de travail relèvent de l’abus mental. Bien sûr, ces différentes composantes prises isolées peuvent ne pas relever d’un abus mental. Mais lorsqu’elles sont répétées, vous êtes en droit de vous interroger.
Sommaire
Qu’est-ce que l’abus mental au travail ?
L’abus mental au travail est un ensemble de comportements répétés, venant d’un collègue, d’un manager ou d’un employeur, qui dégradent l’estime de soi et la santé psychologique de la personne qui les subit. Il se distingue du simple conflit par la répétition et par l’asymétrie : l’un abîme, l’autre encaisse.
9 situations d’abus mental au travail qui ne sont pas normales
Les 9 situations qui suivent nous remontent régulièrement de notre communauté. Aucune, répétée, n’est « normale », quelle que soit la culture d’entreprise qui l’excuse.

1. Se faire crier dessus
Non, crier sur quelqu’un n’est PAS normal, peu importe l’erreur commise. Et si votre collègue, votre manager ou votre patron vous hurle dessus en permanence, ce n’est PAS normal.
2. Voir ses émotions niées
Vous avez le droit d’être triste, las, d’en avoir marre du quotidien pour de multiples raisons. Un collègue ou un manager qui invalide systématiquement vos émotions d’un « mais non, tu te trompes, ça va », « arrête de faire ta chochotte », ce n’est PAS normal. Nos 6 façons de répondre à un collègue qui invalide vos émotions donnent des formulations concrètes pour ne pas rester sans voix.
3. Vivre le micro-management
Il existe encore des managers qui, pour de multiples raisons, pratiquent le micro-management. Loin de nous l’idée de les juger, il y a probablement des fondements à cette pratique (peur de l’erreur, sentiment d’utilité, besoin d’autoritarisme…). Mais pour celui qui le subit, le stress est constant et la peur de l’erreur permanente. Ne pas être reconnu à sa juste valeur et être infantilisé peut relever de l’abus mental.
4. Se voir rabaissé même en cas de réussite !
« C’était facile », « Tout le monde aurait pu le faire », « c’est quand même le BABA ». Se voir minimisé dans ses réussites incite à une mésestime de soi et véhicule un sentiment d’infériorité permanent.

5. Se voir rabaissé dans sa position
« Tu n’es qu’assistante », « tu n’es que RH », « tu n’es que ceci ou cela ». Sans assistante, sans RH, sans équipe, aucune entreprise ne fonctionnerait. Imposer une domination de poste, c’est nier l’autre.
6. Se voir accusé des échecs
« C’est de ta faute si le projet n’a pas marché », « forcément avec une équipe comme ça, on n’a pas remporté l’appel d’offres ». Il existe encore des dirigeants, des managers qui reportent la faute sur les équipes. Bien sûr, il peut arriver qu’un membre ait fait une erreur, mais jamais chaque fois !
7. Se voir défini par un critère physique
« Toi, tu es notre blonde de service », « mets une jupe courte, les clients viennent demain », « force sur le décolleté, ça va t’aider », « sois présent demain, il nous faut montrer de la diversité aux visiteurs »… Ce sont des propos qui nous ont été rapportés par des lecteurs et lectrices… si si.
8. Se voir rendu invisible
Ne pas être entendu en réunion, être oublié lors du tour de table, lors de l’invitation à un petit déjeuner entre collègues.

9. Se voir demander beaucoup plus qu’on ne peut
Faire le travail de 5 personnes et être sanctionné car on n’a pas réussi, se voir demander de travailler soir et week-ends et faire face à des remarques quand ce n’est pas le cas. Se voir rabaissé quand les objectifs n’étaient, à la base, pas tenables n’est PAS normal !
Que faire face à un abus mental au travail ?
Vivre l’une ou l’autre de ces situations arrive probablement à tout le monde dans sa carrière professionnelle, c’est la somme qui doit vous alerter sur un éventuel abus mental. Si vous êtes en souffrance, n’hésitez pas à en parler autour de vous et à vous faire accompagner. Si ces comportements se répètent du côté de votre hiérarchie, notre guide du management toxique détaille 10 signes pour objectiver la situation et réagir.
Trois gestes simples aident à reprendre pied : notez les faits (dates, propos exacts, personnes présentes), sortez de l’isolement en parlant à un collègue de confiance, aux RH ou aux représentants du personnel, et rappelez-vous que le médecin du travail peut être saisi directement, sans accord de l’employeur. Si les agissements viennent d’une personne précise qui souffle le chaud et le froid, nos 10 indicateurs pour repérer un pervers narcissique au travail aident à mettre des mots sur son comportement, et notre test collègue toxique en 14 questions permet d’objectiver la situation en quelques minutes.
Signaler reste la bonne décision, même si le chemin est imparfait. Nos chiffres le montrent : la réponse des entreprises n’est pas encore à la hauteur.

FAQ : vos questions sur l’abus mental au travail
Qu’est-ce que l’abus mental au travail ?▼
Comment reconnaître un abus mental au travail ?▼
L’abus mental au travail est-il puni par la loi ?▼
Que faire si je subis un abus mental au travail ?▼
Se faire crier dessus au travail, est-ce normal ?▼
Votre témoignage aide d’autres salariés, et d’autres managers, à repérer ces situations plus tôt. Écrivez-nous à rose@loptimisme.com. Les témoignages sont publiés en anonymat complet.
- L’Optimisme.pro : Enquête auprès de sa communauté, juillet 2026, N = 2 231 répondants (série comportement toxique), et témoignages reçus par la rédaction, publiés en anonymat complet
- Code du travail : Harcèlement moral au travail, articles L.1152-1 et suivants, service-public.fr, mis à jour 2025



