Syndrome de l’imposteur : mon témoignage

Catherine Testa écrivant son témoignage sur le syndrome de l'imposteur
⏱ Temps de lecture : 5 min

Témoignage publié en 2020, mis à jour le 30 août 2026

Pourquoi je témoigne

J’ai longtemps hésité à écrire ces lignes. Puis je me suis dit que si un seul témoignage peut aider quelqu’un à se sentir moins seul face à ce syndrome, cela vaut la peine de le raconter. Alors voici mon histoire avec le syndrome de l’imposteur, sans filtre.

Le syndrome de l’imposteur, qu’est-ce que c’est ?

Wikipédia le définit comme « une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel ». Autrement dit : rejeter systématiquement le mérite de son travail et attribuer sa réussite à des éléments extérieurs, la chance, un concours de circonstances, un travail acharné qui n’aurait rien d’exceptionnel.

Ce mal, je crois l’avoir toujours porté sans savoir le nommer. C’est un ami qui, un jour, a mis les mots dessus : « Si tu étais un homme, avec ce que tu as accompli, cela ferait longtemps que tu communiquerais sur tes références. Tu es victime du syndrome de l’imposteur. » Je n’en avais encore jamais entendu parler.

La suite de la définition m’a frappée plus encore : les personnes concernées « se perçoivent souvent comme des dupeuses-nées qui abusent leurs collègues, leurs amis, leurs supérieurs, et s’attendent à être démasquées d’un jour à l’autre ».

Et c’est vrai : pendant longtemps, je me suis dit que tout le monde aurait pu créer mon site web, que d’autres étaient meilleurs auteurs que moi, que j’avais eu de la chance, et j’en étais convaincue.

J’ai voulu creuser la question, en interrogeant des personnalités dont personne ne pouvait contester la carrière ni le talent, hommes et femmes confondus. Je ne suis pas certaine que le sujet soit aussi genré qu’on veut bien le penser : j’ai surtout eu le sentiment qu’il s’agissait d’un mal beaucoup plus répandu qu’on ne l’imagine. C’est d’ailleurs ce que souligne le psychologue Kevin Chassangre : cela concerne les hommes tout autant que les femmes. Tous les artistes le ressentent-ils ? Tout le monde le ressent-il ? Et vous, le ressentez-vous ?

Selon ces mêmes interlocuteurs, quand on vous met en avant, deux issues sont possibles : soit un ego surdimensionné qui y croit sans réserve, soit ce syndrome qui vous poursuit toute une vie, avec la certitude que « cela va s’arrêter » et que d’autres, plus légitimes, finiront par vous démasquer. Reste à trouver la juste mesure entre les deux.

Certains sont jugés grands parce qu’on mesure aussi le piédestal. (Sénèque)

Le syndrome de l’imposteur en entreprise

Avez-vous déjà observé ce phénomène dans votre entreprise, ou dans celles où vous êtes passé ? Chez vos collègues, anciens ou actuels ? Je me demande souvent si l’on en parle assez, et comment on pourrait l’atténuer.

Il revient bien sûr au manager de savoir détecter, valoriser et remercier chacun pour ce qu’il apporte à l’entreprise. Mais on aura beau le dire, celui ou celle qui porte ce syndrome aura toujours du mal à sortir de l’ombre. « La chance, je vous assure. Un simple concours de circonstances heureux… » Face à une reconnaissance méritée, certains s’en réjouissent ouvertement, d’autres préfèrent dire qu’ils ont simplement été bien entourés.

C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus aidée. Si Ève, du haut de ses vingt et un ans, n’avait pas été là quand Michel Lafon m’a appelée pour écrire un livre, je n’aurais jamais pris cet avion. « Moi, écrire un livre ? Mais enfin, qui suis-je pour écrire un livre ? » Après le succès d’Osez l’optimisme, un deuxième livre a suivi, puis d’autres. Si mon équipe ne m’avait pas poussée à accepter les invitations à intervenir, je ne serais jamais montée sur les plus grandes scènes en France, à New York ou à Barcelone. Cela me paraissait presque déplacé, quand bien même le public semblait ravi.

En réalité, c’est la bienveillance de son entourage qui permet à celui qui n’aime pas se mettre en avant d’oser se dévoiler malgré tout, au prix d’un effort qui reste, longtemps, contre nature.

Où j’en suis aujourd’hui

Dix ans après avoir commencé à écrire des livres, et en tant que fondatrice de L’Optimisme, je peux dire que ce syndrome a beaucoup reculé chez moi. Mais je dois être honnête : c’est grâce à vous, à ceux qui m’entourent, que ce syndrome a reculé, ce sont eux qui l’ont vu avant moi.

Il reste présent, un peu, encore aujourd’hui. Et je trouve ça sain. Je sais que si j’ai réussi, c’est en grande partie grâce aux efforts que j’ai fournis, aux risques que j’ai pris, et à l’audace que j’ai eue dans certains paris. Mais je reste convaincue qu’il y a eu, aussi, une part de chance. De bons timings : d’ailleurs, quand on parle avec de vrais entrepreneurs, tous vous le diront. La bonne commande qui arrive au bon moment, la bonne rencontre… Et de bonnes rencontres, justement : des personnes qui nous donnent l’élan, qui croient en nous avant qu’on y croie soi-même.

Au total, j’ai refusé six TEDx dans ma vie, ces scènes sur lesquelles tout le monde se précipite, dont trois en une seule année. Au début, ce n’était pas du syndrome de l’imposteur à proprement parler : plutôt le sentiment de ne pas encore avoir fait assez pour mériter cette place. Et puis, avec le temps, ce sentiment s’est transformé en autre chose : simplement, je n’ai plus ressenti le besoin de me mettre en avant de cette façon-là. Ce même syndrome m’avait aussi conduite à refuser un programme sur l’une des plus grandes chaînes françaises.

En revanche, j’ai osé m’exposer sur les réseaux sociaux pour avoir de l’impact, et je crois que c’est une nuance importante à faire : ne laissez pas ce syndrome vous empêcher de prendre la parole sur vos réseaux.

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Pour conclure

Si je devais résumer ce que ces années de combat m’ont appris, ce serait ceci : si vous doutez de vous-même, faites confiance à ceux qui vous disent, avec constance, que vous êtes compétent. Ils voient souvent plus juste que vous sur ce sujet précis, c’est presque injuste, mais c’est ainsi.

Et puisqu’il faut bien sourire un peu de soi-même : si un jour vous vous surprenez à penser « n’importe qui aurait pu faire ce que j’ai fait », rassurez-vous : n’importe qui ne l’a pas fait. Vous, si.

Je suis curieuse de vos retours, de vos propres expériences avec ce syndrome. Une question me taraude encore : est-ce lié à la confiance en soi, ou davantage à l’éducation que nous avons reçue ? Qu’en pensez-vous ?

En espérant que cet article vous soit utile,

À très bientôt,

Catherine

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Catherine Testa
À propos de l’auteure
Catherine Testa
Fondatrice de L’Optimisme.pro · Conférencière · Auteure · Sur le terrain de la QVCT depuis 2017
📚 Plusieurs ouvrages publiés🎤 Conférencière sur la QVCT👥 1 million de followers