Syndrome de l’imposteur au travail : le comprendre et s’en libérer

syndrome de l'imposteur au travail
⏱ Temps de lecture : 11 min

Mis à jour le 11 août 2026

Vous venez de décrocher la promotion. Vous avez terminé le projet dans les temps, votre manager vous félicite devant l’équipe, et vous ressentez un léger malaise plutôt qu’une fierté. Vous pensez que le dossier était plus simple qu’il n’y paraissait, que l’équipe a beaucoup porté, que vous avez surtout eu de la chance sur le calendrier. Et vous redoutez déjà le prochain projet, celui qui révélera enfin que vous n’êtes pas à la hauteur. Ce mécanisme porte un nom, le syndrome de l’imposteur, et il produit un paradoxe redoutable, plus vous accumulez les réussites, plus le doute grandit.

Le syndrome de l’imposteur est un vécu psychologique qui combine une impression d’illégitimité malgré des preuves objectives de réussite, l’attribution de ses succès à des facteurs externes comme la chance, et la peur d’être démasqué. Décrit en 1978 par Pauline Rose Clance et Suzanne Imes, il toucherait 62 à 70 % de la population au moins une fois au cours de la vie (Sakulku et Alexander, International Journal of Behavioral Science, 2011).

Ce guide expose ce que la recherche établit sur ce phénomène, comment il se mesure, d’où il vient, ce qu’il coûte au travail, et surtout ce qui permet de s’en libérer. Nous nous appuyons principalement sur la thèse de doctorat de Kevin Chassangre, qui a validé en 2016 l’outil de mesure de référence en langue française auprès de près de 1 600 participants. En 2021, il répondait déjà aux questions de notre communauté : notre entretien avec Kevin Chassangre complète ce guide.

ℹ️À retenir : Le syndrome de l’imposteur désigne l’impression persistante de ne pas mériter sa réussite, malgré des preuves objectives du contraire. Entre 62 et 70 % des personnes douteraient un jour de la légitimité de leur statut ou de leur succès. Il ne figure dans aucune classification médicale des troubles mentaux, ce qui ne l’empêche pas de faire souffrir et de peser sur les carrières.
Le point de départ
Faites notre test du syndrome de l’imposteur : 15 questions, gratuit et anonyme, pour situer votre ressenti

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Deux psychologues américaines, Pauline Rose Clance et Suzanne Imes, décrivent le phénomène pour la première fois en 1978 dans un article resté célèbre, à partir de leur pratique clinique. Elles observent des personnes qui réussissent objectivement, qui accumulent les diplômes et les responsabilités, et qui restent pourtant convaincues d’avoir trompé leur entourage. Les autrices parlent alors de impostor phenomenon, phénomène de l’imposteur, une expression que l’usage français a transformée en syndrome de l’imposteur.

📖 Définition
Syndrome de l’imposteur
de l’anglais « impostor phenomenon », Clance et Imes, 1978
Le syndrome de l’imposteur combine trois manifestations fondamentales : une impression d’illégitimité et d’inauthenticité malgré des signes évidents et objectifs de réussite, une tendance à dénigrer ses réalisations et à les attribuer à des facteurs externes, et la peur d’être démasqué un jour par les autres.
Concrètement, la personne réussit, reçoit des félicitations, et reste persuadée que sa position tient à la chance, au bon timing ou à un excès d’indulgence de son entourage.
D’après Clance P.R. et Imes S.A., 1978, et Chassangre K., La modestie pathologique, thèse, Université Toulouse Jean Jaurès, 2016.

Une précision compte avant d’aller plus loin. Le mot syndrome trompe, car le syndrome de l’imposteur ne constitue pas un trouble mental répertorié. Il n’apparaît ni dans le DSM-5, le manuel de référence américain, ni dans la Classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé. Les chercheurs le décrivent comme un vécu, un ensemble de pensées et de comportements, pas comme une pathologie constituée.

Cette absence de statut médical ne le rend pas anodin. Les travaux de Kevin Chassangre montrent que le syndrome s’accompagne fréquemment d’anxiété, de manifestations dépressives et d’une faible estime de soi, trois notions fortement associées à son intensité. Il existe donc un continuum, du doute passager que presque tout le monde connaît jusqu’à des formes intenses qui justifient un accompagnement.

Les chercheurs débattent aussi de sa nature. Pendant longtemps, ils l’ont conceptualisé comme un trait stable de personnalité. Les recherches plus récentes privilégient une lecture en termes d’état affectif, ressenti dans certaines situations précises, notamment lorsque l’évaluation que les autres portent sur vous vous semble excessive. Cette seconde lecture explique pourquoi le sentiment surgit lors des changements de poste plutôt qu’en continu.

Les trois dimensions du syndrome de l’imposteur

L’outil de mesure le plus utilisé au monde reste l’échelle de Clance, publiée en 1985. Kevin Chassangre en a validé la version francophone en 2016 auprès de 1 597 participants, avec de bonnes qualités psychométriques. Cette validation a fait apparaître trois dimensions distinctes, qui structurent aujourd’hui la compréhension du phénomène en francophonie.

🎭 L’impression d’illégitimité

Le sentiment de tromper les autres sur ce que vous valez réellement.

  • Vous pensez donner l’impression d’être plus compétent que vous ne l’êtes
  • Vous redoutez que votre entourage découvre vos manques
  • Vous vous sentez différent en public et en privé
  • Vous craignez de ne pas pouvoir répéter votre succès

🎲 L’attribution à des facteurs externes

L’explication systématique de vos réussites par des causes qui ne dépendent pas de vous.

  • La chance, le bon moment, les bonnes relations
  • L’indulgence du jury ou du recruteur
  • L’effort fourni, jamais la compétence
  • Les échecs, eux, vous les attribuez à vous-même

🙅 La difficulté à accepter la reconnaissance

Le rejet des compliments et des signes de reconnaissance venus des autres.

  • Vous minimisez ce qu’on vous dit de positif
  • Vous hésitez à annoncer une promotion
  • Vous cherchez pourtant l’approbation en permanence
  • Ce besoin et ce rejet coexistent, et ils s’épuisent mutuellement
🚨Attention : l’échelle de Clance reste protégée par le droit d’auteur, et ses items ne se reproduisent pas librement. Nous en présentons ici les dimensions et la référence, pas le contenu. Si vous souhaitez situer votre propre ressenti, passez plutôt par notre test sur le syndrome de l’imposteur, conçu pour vous orienter sans se substituer à une évaluation professionnelle.

Qui est concerné par le syndrome de l’imposteur ?

Le chiffre le plus solide de la littérature vous surprendra peut-être par son ampleur. Selon les données rassemblées par Kevin Chassangre, 62 à 70 % de la population seraient amenés à douter un jour ou l’autre, ne serait-ce qu’une fois, de la légitimité de leur statut ou de leur succès. Autrement dit, le doute concerne la majorité des actifs à un moment de leur parcours.

62 à 70 %
de la population douteraient un jour ou l’autre, au moins une fois, de la légitimité de leur statut ou de leur réussite. Au sein de la population générale, environ 20 % présenteraient le syndrome de manière installée.
Chassangre K., La modestie pathologique, thèse de doctorat, 2016, d’après Clance 1985, Matthews et Gibbs 1985, Gravois 2007 et Cromwell et al. 1990

Ce constat impose une nuance importante sur le sexe des personnes concernées. Les premiers travaux de Clance et Imes portaient sur des femmes qui réussissaient, et cette origine a durablement associé le syndrome au féminin. La recherche ultérieure a corrigé cette lecture. Il est aujourd’hui admis que le syndrome s’exprime indépendamment du sexe, et une étude a même observé une expression majoritairement masculine dans son échantillon.

Les chercheurs relèvent malgré tout une vulnérabilité féminine plus marquée, qu’ils expliquent par des attentes moindres à l’égard de leurs propres performances, une auto-évaluation plus basse de leurs capacités, un accès plus rare à des mentors, et le poids des stéréotypes sociaux. Le vécu diffère également, certains hommes tirant plutôt une forme de fierté de leur capacité à donner le change.

Les autres constats démographiques tiennent en peu de lignes. Le syndrome diminue avec l’âge et surtout avec l’expérience, mais l’ancienneté ne suffit pas à l’effacer, puisqu’il s’observe encore après huit ou douze années de pratique. Il traverse toutes les filières, des sciences sociales à l’ingénierie, de l’art aux parcours de santé. Il touche les professionnels de santé, du marketing, du management, les enseignants universitaires et les psychologues. Les personnes issues de minorités l’expriment davantage, sous l’effet des stéréotypes sociaux.

D’où vient le syndrome de l’imposteur ?

Le syndrome ne tombe pas du ciel et ne signale aucun défaut de caractère. Il se construit, à partir de l’histoire familiale, de certains traits de personnalité, puis de contextes professionnels qui le réveillent. La recherche identifie ces trois étages, et ils se cumulent.

1
Les messages parentaux reçus dans l’enfance

Quatre messages reviennent dans la littérature : la valorisation de l’intelligence ou de la performance avant toute autre qualité, une image de soi transmise par la famille en contradiction avec celle que renvoie l’extérieur, l’absence de renforcement des réussites, et l’absence de reconnaissance des compétences jugées atypiques par rapport aux normes familiales. Associés à une faible estime de soi, ces facteurs expliquent entre 12 % et 50 % de la variance du syndrome selon les études.

2
L’enfant « parfait » et l’enfant comparé

Un enfant décrit comme exceptionnel affronte ensuite deux difficultés. Il découvre que ses capacités n’ont rien d’extraordinaire, et il imagine que son entourage finira par réviser son jugement. À l’inverse, l’enfant renforcé sur une seule qualité, sociale par exemple, quand un frère est célébré pour son intelligence, peine à intégrer ses ressources de manière objective.

3
L’environnement familial et l’attachement

Les personnes concernées décrivent souvent un environnement familial pauvre en soutien émotionnel, marqué par le contrôle, la surprotection ou des demandes exagérées. Un attachement anxieux, issu de réponses irrégulières aux besoins de l’enfant, prédit les manifestations du syndrome à l’âge adulte.

4
Les traits de personnalité

L’introversion et le névrosisme, c’est-à-dire l’instabilité émotionnelle, prédisposent à l’expression du syndrome. Les traits de personnalité expliquent entre 36 % et 43 % de sa variance selon les travaux disponibles. Le perfectionnisme inadapté pèse lui aussi lourdement, jusqu’à 42 % de la variance dans certaines études.

5
Les transitions professionnelles

Les grandes transitions de vie et l’acquisition de nouveaux rôles constituent des facteurs de risque documentés. Une promotion, un changement de poste, une prise de fonction managériale, une mobilité géographique, chacune de ces étapes réactive le doute. Le soutien de collègues directs ou d’un mentor réduit ce risque. Si vous êtes ce collègue ou ce manager, nos 3 idées pour aider un collègue face au syndrome de l’imposteur donnent des gestes concrets.

6
Le contexte de travail lui-même

Plusieurs configurations d’entreprise nourrissent le syndrome : un environnement de compétition, un manque de coopération, de fortes pressions de réussite, des succès inattendus, des étapes d’évaluation répétées, un sentiment d’isolement dans son domaine, une culture centrée sur la production plutôt que sur l’apprentissage, et paradoxalement des compliments exagérés.

Un point mérite votre attention si vous managez. L’élément déclencheur n’est pas tant la réussite en elle-même que le fait d’être considéré par les autres comme quelqu’un qui réussit. Un compliment appuyé, une mise en avant publique, une nomination annoncée en réunion peuvent donc produire l’effet inverse de celui recherché.

Quelles conséquences au travail ?

Le syndrome de l’imposteur ne se contente pas de créer un inconfort intérieur. Il modifie des comportements professionnels concrets, et ces comportements ont un coût, pour la personne comme pour l’entreprise.

Le cycle de l’imposteur

Clance a décrit un enchaînement que la recherche a largement repris. Lorsqu’une nouvelle tâche arrive, la personne éprouve une inquiétude profonde, du doute, parfois de l’anxiété. Pour y faire face, elle adopte l’une des deux stratégies suivantes. Elle procrastine, puis travaille frénétiquement à la dernière minute. Ou bien elle se sur-prépare sur la durée, bien au-delà de ce que la tâche exige.

La tâche se termine généralement par un succès. La personne reçoit des félicitations, ressent un soulagement, puis le doute revient et s’intensifie. Car ce succès, elle l’attribue à sa procrastination heureuse ou à son travail excessif, jamais à sa compétence. Chaque réussite renforce donc le sentiment d’imposture au lieu de le réduire. Le cycle finit par être vécu comme indispensable au succès, puisqu’il a toujours fonctionné.

Le cycle de l’imposteur aboutissant généralement à un succès, cet apprentissage et ce conditionnement amènent les imposteurs à rapidement associer succès et anxiété.
Kevin Chassangre, La modestie pathologique, 2016

Le surtravail de compensation

La sur-préparation constitue le comportement le plus visible en entreprise, et le plus coûteux. La personne travaille davantage que nécessaire pour garantir un résultat qu’elle juge incertain. Elle en tire ensuite la conclusion qu’elle a dû fournir plus d’efforts que ses collègues pour arriver au même point, ce qui confirme à ses yeux son incompétence. Cette comparaison sociale dysfonctionnelle rend le surtravail impossible à arrêter.

Le lien avec l’épuisement professionnel a fait l’objet de travaux spécifiques, notamment chez les internes en médecine et chez les étudiants américains en médecine. Le syndrome de l’imposteur s’accompagne par ailleurs d’une incapacité à se détendre au quotidien, relevée dès les premiers travaux de Clance et Imes. Si vous voulez situer vos propres signaux d’épuisement, notre test de burn-out vous donnera un premier repère.

Le refus d’opportunités et l’évitement

La conséquence la plus silencieuse reste la plus lourde pour une carrière. Parmi les critères descriptifs du syndrome figure la tendance à préférer des postes de niveau inférieur ou peu stimulants, par peur d’échouer dans une position qui correspondrait vraiment à ses capacités. Des personnes compétentes déclinent donc des promotions, ne candidatent pas, ou restent volontairement en retrait.

Ce mécanisme n’épargne pas les profils les plus exposés. Catherine Testa, fondatrice de L’Optimisme, a raconté avoir refusé trois TEDx en un an sous l’effet de ce doute, alors qu’elle intervenait déjà devant les plus grands forums et entreprises.

L’évitement s’observe aussi au quotidien. Les personnes concernées fuient les situations d’évaluation quand elles le peuvent, hésitent à annoncer une promotion, et éprouvent des difficultés à formuler des demandes, à poser des refus, à recevoir des critiques comme des compliments. Le syndrome est d’ailleurs décrit par certains auteurs comme une forme manifeste d’anxiété sociale.

Le coût psychique

Les symptômes cliniques les plus fréquemment rapportés se rassemblent autour de trois pôles, les manifestations anxieuses, les manifestations dépressives et la faible estime de soi. Ces trois notions se révèlent fortement associées au syndrome, et prédictives de son intensité. La recherche montre toutefois qu’elles restent des construits distincts, ce qui signifie que le syndrome de l’imposteur ne se confond ni avec la dépression, ni avec l’anxiété, ni avec un simple manque de confiance.

Comment se libérer du syndrome de l’imposteur ?

Les travaux de Kevin Chassangre s’inscrivent dans le champ des thérapies comportementales et cognitives, dont l’efficacité a été démontrée sur les troubles associés. Les enjeux d’un accompagnement se résument à quatre objectifs : mettre en évidence les attitudes dysfonctionnelles, construire un meilleur processus d’attribution, restituer une image positive mais surtout réaliste de soi, et réduire la dépendance à l’évaluation des autres.

  • Rétablissez l’attribution de vos réussites. Le travail sur les attributions constitue le cœur de la prise en charge. Le journal des attributions hebdomadaire et le camembert des attributions, deux exercices classiques, vous font répartir explicitement les causes d’une réussite entre les circonstances externes et vos ressources propres, compétences, intelligence, qualités. Appliquez-les à des situations anciennes comme à vos tâches actuelles.
  • Travaillez l’acceptation inconditionnelle de soi. Cette notion structure la quatrième étude de la thèse de Chassangre, menée auprès de 873 participants. Elle consiste à cesser de définir votre valeur par votre performance, bonne ou mauvaise, et par l’approbation des autres, accepté ou rejeté. Tant que votre estime de vous dépend de ces deux variables, chaque évaluation vous met en danger.
  • Comparez-vous autrement. Servez-vous des personnes que vous admirez comme sources d’inspiration et non comme preuves de votre incompétence. Le processus de comparaison sociale se modifie, il ne se supprime pas.
  • Repérez vos stratégies d’auto-handicap. La procrastination et le travail excessif protègent votre estime de vous à court terme et entretiennent le doute à long terme. Les identifier permet de reconstruire une gestion du temps et des tâches plus adaptée. L’apprentissage de méthodes de relaxation complète utilement ce travail.
  • Entraînez-vous à l’affirmation de soi. Formuler une demande, poser un refus, recevoir une critique, accepter un compliment. Ces quatre compétences se travaillent, et elles manquent presque toujours aux personnes concernées. Notre article sur l’assertivité au travail propose des exercices concrets pour commencer, notre entretien avec une médiatrice explique comment poser ses limites au travail, et la méthode DEARMAN donne un script en 7 étapes pour formuler un refus.
  • Parlez-en, c’est la première marche. Le syndrome se vit de manière secrète, y compris en entretien clinique. Lever le masque constitue l’un des objectifs principaux de la prise en charge, précisément parce que le silence entretient la croyance. Découvrir que votre collègue le plus solide en apparence vit la même chose change souvent le regard.
  • Consultez si le doute vous coûte. Si vous refusez des opportunités, si vous travaillez au-delà du raisonnable en permanence, ou si l’anxiété devient continue, un psychologue formé aux thérapies comportementales et cognitives dispose d’outils validés. Le site de Psycom, organisme public d’information sur la santé mentale, vous aide à identifier les professionnels et les dispositifs adaptés.
16 %
Seulement 16 % des salariés que nous suivons arrivent à dire non souvent quand ils sont surchargés. Dire non, formuler une demande, recevoir un compliment : l’affirmation de soi se travaille.
Enquête L’Optimisme.pro auprès de sa communauté, juillet 2026, N = 1 048 répondants

Ce que les managers peuvent faire

Trois leviers ressortent directement de la littérature. D’abord, soignez les périodes de transition, promotion, prise de poste, changement de périmètre, parce qu’elles constituent les moments de risque documentés. Le soutien d’un pair ou d’un mentor y joue un rôle protecteur. Ensuite, orientez votre feedback vers l’apprentissage plutôt que vers la seule performance, car une culture exclusivement centrée sur la production nourrit le syndrome. Enfin, évitez les compliments exagérés et les mises en avant spectaculaires, qui figurent parmi les contextes favorisant son apparition. Un retour précis sur ce qui a été bien fait vaut mieux qu’un éloge général.

Vous vous sentez illégitime au travail ?

Votre témoignage peut aider d’autres personnes à mettre des mots sur ce qu’elles vivent. Racontez-nous votre histoire, nous lisons tout.

contact@loptimisme.pro
Catherine Testa, conférencière santé mentale au travail
Conférence en entreprise
Sensibiliser vos équipes à la santé mentale au travail

Catherine Testa aide vos managers et vos salariés à repérer les signaux et à en parler sans tabou. Plus de 500 conférences et sensibilisations.

🎤 Demander une conférence santé mentale

En résumé

Le syndrome de l’imposteur désigne l’impression persistante de ne pas mériter sa réussite. Identifié en 1978 par Clance et Imes, il combine trois dimensions validées en francophonie par Kevin Chassangre, l’impression d’illégitimité, l’attribution de sa situation à des facteurs externes et la difficulté à accepter les signes de reconnaissance. Il concerne les deux sexes, même si les femmes y restent plus vulnérables, et 62 à 70 % des personnes en éprouveraient au moins une fois la sensation.

Ce syndrome n’est pas une maladie, et il ne figure dans aucune classification médicale. Il produit malgré tout des effets concrets, du surtravail permanent au refus d’opportunités, en passant par l’anxiété et la fatigue. Il se travaille, avec des outils validés, en rétablissant l’attribution de vos réussites et en construisant une acceptation de vous-même qui ne dépende plus de votre dernière performance. La première étape reste la plus simple et la plus difficile, en parler à quelqu’un.

Couverture du livre Oser être soi même au travail de Catherine Testa, syndrome de l'imposteur et confiance en soi
📙 Le livre du sujet⭐ 4,7/5 sur 437 avis Amazon
Oser être soi… même au travail
Croyances limitantes, regard des autres, peur de l’échec, sentiment d’illégitimité : Catherine Testa y livre dix clés nourries d’une enquête auprès de plus de 1 000 personnes. Ce livre prolonge naturellement ce guide.
📙 Commander le livre
Catherine Testa · Éditions Michel Lafon

FAQ, foire aux questions sur le syndrome de l’imposteur

Le syndrome de l’imposteur est-il une maladie ?
Non. Le syndrome de l’imposteur ne figure ni dans le DSM-5 ni dans la Classification internationale des maladies. Les chercheurs le décrivent comme un vécu et un ensemble de comportements, pas comme un trouble constitué. Il s’accompagne toutefois fréquemment d’anxiété, de manifestations dépressives et d’une faible estime de soi, trois notions qui restent des construits distincts mais fortement associés à son intensité.
Combien de personnes sont touchées par le syndrome de l’imposteur ?
Entre 62 et 70 % de la population douteraient un jour ou l’autre, au moins une fois, de la légitimité de leur statut ou de leur succès. Ce chiffre décrit le doute ponctuel, pas le syndrome installé. Au sein de la population générale, environ 20 % des personnes présenteraient le syndrome de manière durable, d’après les données rassemblées dans la thèse de Kevin Chassangre.
Le syndrome de l’imposteur touche-t-il seulement les femmes ?
Non, et cette idée vient de l’histoire du concept. Les premiers travaux de Clance et Imes en 1978 portaient sur des femmes qui réussissaient, ce qui a durablement associé le syndrome au féminin. Les études ultérieures montrent qu’il s’exprime indépendamment du sexe, une recherche ayant même observé une expression majoritairement masculine. Les femmes semblent malgré tout plus vulnérables, sous l’effet d’attentes moindres envers leurs performances, d’un accès plus rare aux mentors et du poids des stéréotypes sociaux.
Existe-t-il un test du syndrome de l’imposteur ?
L’outil de référence s’appelle l’échelle de Clance, publiée en 1985 et validée en français par Kevin Chassangre en 2016 auprès de 1 597 participants. Elle mesure trois dimensions, l’impression d’illégitimité, l’attribution externe et la difficulté à accepter la reconnaissance. Cette échelle reste protégée par le droit d’auteur, et son usage relève des professionnels. Pour situer votre ressenti, passez par notre test du syndrome de l’imposteur, gratuit et en accès libre sur ce site, qui vous oriente sans remplacer une évaluation clinique.
Pourquoi le syndrome apparaît-il après une promotion ?
Les grandes transitions de vie et l’acquisition de nouveaux rôles constituent des facteurs de risque documentés. La recherche précise même que l’élément déclencheur ne tient pas à la réussite en elle-même, mais au fait d’être considéré par les autres comme quelqu’un qui réussit. Une promotion annoncée publiquement cumule donc les deux conditions. Le soutien de collègues directs ou d’un mentor pendant ces périodes réduit le risque.
Comment sortir du syndrome de l’imposteur ?
Les thérapies comportementales et cognitives proposent des outils validés. Le travail porte d’abord sur l’attribution de vos réussites, avec des exercices comme le journal des attributions ou le camembert des attributions, qui vous font répartir explicitement les causes d’un succès. Il porte ensuite sur l’acceptation inconditionnelle de soi, c’est-à-dire le fait de ne plus définir votre valeur par votre performance ni par l’approbation des autres. L’affirmation de soi et le repérage de vos stratégies d’évitement complètent l’accompagnement. En parler reste la première marche, parce que ce syndrome se vit dans le secret.
L'Optimisme.pro
À propos
L’Optimisme.pro
Premier média francophone dédié à la QVCT, au bien-être au travail et à la santé mentale au travail. Notre équipe forme et sensibilise les entreprises sur le terrain depuis 2018, et rassemble une communauté de plus d’un million de followers sur les réseaux sociaux.
Sources
  1. Clance P.R., Imes S.A., « The Impostor Phenomenon in High Achieving Women: Dynamics and Therapeutic Intervention », Psychotherapy: Theory, Research and Practice, 1978, 15(3), pp. 241-247.
  2. Chassangre K., La modestie pathologique : pour une meilleure compréhension du syndrome de l’imposteur, thèse de doctorat en psychologie, Université Toulouse Jean Jaurès, 2016.
  3. Clance P.R., The Impostor Phenomenon: Overcoming the Fear that Haunts Your Success, Peachtree Publishers, 1985.
  4. Chassangre K., Callahan S., Cessez de vous déprécier. Se libérer du syndrome de l’imposteur, Dunod, 2016.
  5. Clance P.R., O’Toole M.A., « Impostor Phenomenon: An Internal Barrier to Empowerment and Achievement », Women and Therapy, 1987, 6(3), pp. 51-64.
  6. Harvey J.C., Katz C., If I’m So Successful, Why Do I Feel Like a Fake?, St Martin’s Press, 1985.
  7. Kolligian J., Sternberg R.J., « Perceived fraudulence in young adults: is there an imposter syndrome? », Journal of Personality Assessment, 1991, 56(2), pp. 308-326.
  8. Holmes S.W. et al., « Measuring the impostor phenomenon: a comparison of Clance’s IP Scale and Harvey’s I-P Scale », Journal of Personality Assessment, 1993, 60(1), pp. 48-59.
  9. Rohrmann S., Bechtoldt M.N., Leonhardt M., « Validation of the Impostor Phenomenon among Managers », Frontiers in Psychology, 2016, 7:821.
  10. Li S., Hughes J., Thu S.M., « The links between parenting styles and imposter phenomenon », Psi Chi Journal of Psychological Research, 2014, 19(2), pp. 50-57.
  11. Leary M.R., Patton K., Orlando A., Funk W.W., « The impostor phenomenon: self-perceptions, reflected appraisals and interpersonal strategies », Journal of Personality, 2000, 68, pp. 725-756.
  12. Legassie J., Zibrowski E.M., Goldszmidt M.A., « Measuring resident well-being: impostorism and burnout syndrome in residency », Journal of General Internal Medicine, 2008, 23(7), pp. 1090-1094.
  13. Villwock J.A., Sobin L.B., Harris T.M., « Impostor Syndrome and Burnout Among American Medical Students », Triological Society, 2015.
  14. Cadoche E., de Montarlot A., Le syndrome d’imposture, Les Arènes, 2020.
  15. Sakulku J., Alexander J., « The Impostor Phenomenon », International Journal of Behavioral Science, 2011, 6(1), pp. 75-97.
  16. Testa C., Oser être soi… même au travail, Michel Lafon, 2020.