Mis à jour le 12 août 2026
Aider un collègue atteint du syndrome de l’imposteur au travail repose sur trois gestes accessibles à tous : lui faire comprendre la différence entre un ressenti d’imposture et un véritable imposteur, l’inviter à questionner ses croyances par des questions ouvertes, et l’encourager à consulter un professionnel si la souffrance s’installe. Aucun de ces gestes ne demande d’être psychologue.
Vous avez sans doute entendu parler du syndrome de l’imposteur. Le « syndrome de l’imposteur » est un terme psychologique pour décrire ceux qui souffrent d’un doute de soi et de la peur d’être dénoncés comme des « fraudeurs ». Vécu de manière plus ou moins intense dans le milieu du travail, il peut être à l’origine d’une souffrance chez nos collègues. Comment les aider ? Cet article donne 3 idées pour les encourager à entrer dans une démarche réflexive vis-à-vis de ce syndrome de l’imposteur au travail.
L’angle choisi est volontairement celui de l’entourage : personne ou presque ne le traite. Si c’est vous qui doutez de votre propre légitimité, notre guide complet du syndrome de l’imposteur détaille les causes du phénomène et 7 leviers validés par la recherche pour vous en libérer.
1. Leur faire comprendre la différence entre « syndrome de l’imposteur » et véritable imposteur
Le syndrome de l’imposteur n’est pas une maladie en soi. Il s’agit bien plus d’un ressenti, à cause duquel nos collègues peuvent avoir l’impression de tromper leur entourage sur leurs compétences, attribuent leurs succès à des circonstances extérieures et craignent d’être « démasqués ».
Vous pouvez rassurer votre collègue en lui faisant comprendre qu’un « vrai » imposteur (il en existe) ne manifeste en général que peu de signes de remise en question.
Un authentique imposteur agit consciemment pour tromper et servir ses propres intérêts. À la base du « syndrome de l’imposteur », ce sont d’autres mécanismes psychologiques qui entrent en jeu (manque de confiance en soi, faible estime de soi etc.) : ce n’est donc pas un comportement conscient de manipulation.
2. Les inviter à se poser des questions sur leur « syndrome de l’imposteur au travail »
Nos collègues qui souffrent de ce syndrome ont souvent des croyances fixes qui leur font penser qu’ils ne méritent pas le succès, les compliments ou la reconnaissance qu’ils reçoivent de la part des autres.
Ainsi, certains se sentent obligés de redoubler constamment d’efforts pour conserver « l’illusion » qu’ils pensent être aux yeux du monde. Il n’est pas rare que ces collègues qui en souffrent soient très perfectionnistes et consciencieux dans leur travail. Gardons à l’esprit que ce syndrome peut aussi amener énormément de charge mentale.
Une façon simple de venir en aide est d’être ouvert à en discuter et poser quelques questions intéressantes qui peuvent amorcer un début de réflexion. Quelques exemples :
- À ton avis, qu’est-ce qui te distingue d’un véritable imposteur ? Qu’est-ce qu’un vrai imposteur ferait, dirait, penserait dans les mêmes circonstances que toi ?
- Tu penses que les autres te surestiment. Qui penses-tu tromper au travail ? Sur quel(s) fait(s) observable(s) se basent leur admiration ou leurs compliments à ton égard ?
- Si tu remets ta vie professionnelle en perspective, quelles sont les situations qui pour toi ne sont que le « fruit du hasard » ? À quelles situations t’attribues-tu une part de mérite, de travail et de motivation ?
3. Les encourager à creuser le sujet avec un professionnel
62 à 70 % de la population doute au moins une fois de la légitimité de son statut ou de ses succès, selon les travaux fondateurs de Pauline Rose Clance et Suzanne Imes (1978), synthétisés par Jaruwan Sakulku et James Alexander dans l’International Journal of Behavioral Science (2011). C’est un phénomène donc largement répandu et nos collègues ne sont pas les seuls à y être confrontés. Nous pouvons tous vivre le syndrome de l’imposteur à différents degrés.
Quand est-il judicieux de consulter ? À partir du moment où ce syndrome devient trop envahissant et occasionne une gêne dans nos activités sociales et professionnelles ou nous empêche de nous sentir pleinement épanouis dans nos vies.
Le syndrome de l’imposteur cache souvent des conditionnements liés à l’enfance ainsi que des peurs plus ancrées telles que la peur de l’échec, la peur de ne pas être aimé ou reconnu, la peur de décevoir, la peur d’être inférieur aux autres…
Heureusement, toutes ces peurs peuvent se travailler et s’amenuiser avec un travail thérapeutique ou une démarche introspective et de connaissance de soi. De nombreux professionnels peuvent nous y aider. Encourager nos collègues à approfondir le sujet avec les personnes compétentes est parfois le mieux que l’on puisse faire à leur égard. Pour comprendre ce que recouvre un tel accompagnement, l’entretien que nous a accordé le psychologue Kevin Chassangre, spécialiste du sujet, vaut le détour.


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- Sakulku, J. et Alexander, J.The Impostor Phenomenon, International Journal of Behavioral Science, 2011.
- L’OptimismeRemontées terrain des formations et sensibilisations, 2026.
- Catherine TestaOser être soi… même au travail, Éditions Michel Lafon, 2020.



