3 idées pour aider vos collègues atteints du syndrome de l’imposteur au travail

Aider un collègue syndrome de l'imposteur
⏱ Temps de lecture : 4 min

Mis à jour le 12 août 2026

Aider un collègue atteint du syndrome de l’imposteur au travail repose sur trois gestes accessibles à tous : lui faire comprendre la différence entre un ressenti d’imposture et un véritable imposteur, l’inviter à questionner ses croyances par des questions ouvertes, et l’encourager à consulter un professionnel si la souffrance s’installe. Aucun de ces gestes ne demande d’être psychologue.

Vous avez sans doute entendu parler du syndrome de l’imposteur. Le « syndrome de l’imposteur » est un terme psychologique pour décrire ceux qui souffrent d’un doute de soi et de la peur d’être dénoncés comme des « fraudeurs ». Vécu de manière plus ou moins intense dans le milieu du travail, il peut être à l’origine d’une souffrance chez nos collègues. Comment les aider ? Cet article donne 3 idées pour les encourager à entrer dans une démarche réflexive vis-à-vis de ce syndrome de l’imposteur au travail.

L’angle choisi est volontairement celui de l’entourage : personne ou presque ne le traite. Si c’est vous qui doutez de votre propre légitimité, notre guide complet du syndrome de l’imposteur détaille les causes du phénomène et 7 leviers validés par la recherche pour vous en libérer.

1 sur 5
Quand nous posons la question en salle, lors de nos formations et sensibilisations, 20 à 25 % des participants seulement se disent capables d’aller parler à un collègue qui ne va pas bien.
Remontées terrain des formations L’Optimisme, 2026

1. Leur faire comprendre la différence entre « syndrome de l’imposteur » et véritable imposteur

Le syndrome de l’imposteur n’est pas une maladie en soi. Il s’agit bien plus d’un ressenti, à cause duquel nos collègues peuvent avoir l’impression de tromper leur entourage sur leurs compétences, attribuent leurs succès à des circonstances extérieures et craignent d’être « démasqués ».

Vous pouvez rassurer votre collègue en lui faisant comprendre qu’un « vrai » imposteur (il en existe) ne manifeste en général que peu de signes de remise en question.

Un authentique imposteur agit consciemment pour tromper et servir ses propres intérêts. À la base du « syndrome de l’imposteur », ce sont d’autres mécanismes psychologiques qui entrent en jeu (manque de confiance en soi, faible estime de soi etc.) : ce n’est donc pas un comportement conscient de manipulation.

2. Les inviter à se poser des questions sur leur « syndrome de l’imposteur au travail »

Nos collègues qui souffrent de ce syndrome ont souvent des croyances fixes qui leur font penser qu’ils ne méritent pas le succès, les compliments ou la reconnaissance qu’ils reçoivent de la part des autres.

Ainsi, certains se sentent obligés de redoubler constamment d’efforts pour conserver « l’illusion » qu’ils pensent être aux yeux du monde. Il n’est pas rare que ces collègues qui en souffrent soient très perfectionnistes et consciencieux dans leur travail. Gardons à l’esprit que ce syndrome peut aussi amener énormément de charge mentale.

Une façon simple de venir en aide est d’être ouvert à en discuter et poser quelques questions intéressantes qui peuvent amorcer un début de réflexion. Quelques exemples :

  • À ton avis, qu’est-ce qui te distingue d’un véritable imposteur ? Qu’est-ce qu’un vrai imposteur ferait, dirait, penserait dans les mêmes circonstances que toi ?
  • Tu penses que les autres te surestiment. Qui penses-tu tromper au travail ? Sur quel(s) fait(s) observable(s) se basent leur admiration ou leurs compliments à ton égard ?
  • Si tu remets ta vie professionnelle en perspective, quelles sont les situations qui pour toi ne sont que le « fruit du hasard » ? À quelles situations t’attribues-tu une part de mérite, de travail et de motivation ?
💡Astuce : Pour objectiver son ressenti, vous pouvez aussi lui proposer notre test syndrome de l’imposteur : 15 questions, gratuit et anonyme. Un ressenti se discute mal, un résultat chiffré ouvre la conversation.

3. Les encourager à creuser le sujet avec un professionnel

62 à 70 % de la population doute au moins une fois de la légitimité de son statut ou de ses succès, selon les travaux fondateurs de Pauline Rose Clance et Suzanne Imes (1978), synthétisés par Jaruwan Sakulku et James Alexander dans l’International Journal of Behavioral Science (2011). C’est un phénomène donc largement répandu et nos collègues ne sont pas les seuls à y être confrontés. Nous pouvons tous vivre le syndrome de l’imposteur à différents degrés.

Quand est-il judicieux de consulter ? À partir du moment où ce syndrome devient trop envahissant et occasionne une gêne dans nos activités sociales et professionnelles ou nous empêche de nous sentir pleinement épanouis dans nos vies.

Le syndrome de l’imposteur cache souvent des conditionnements liés à l’enfance ainsi que des peurs plus ancrées telles que la peur de l’échec, la peur de ne pas être aimé ou reconnu, la peur de décevoir, la peur d’être inférieur aux autres…

Heureusement, toutes ces peurs peuvent se travailler et s’amenuiser avec un travail thérapeutique ou une démarche introspective et de connaissance de soi. De nombreux professionnels peuvent nous y aider. Encourager nos collègues à approfondir le sujet avec les personnes compétentes est parfois le mieux que l’on puisse faire à leur égard. Pour comprendre ce que recouvre un tel accompagnement, l’entretien que nous a accordé le psychologue Kevin Chassangre, spécialiste du sujet, vaut le détour.

Couverture du livre Oser être soi même au travail, pour dépasser le syndrome de l'imposteur au travail
📙 Le livre du sujet⭐ 4,7/5 sur 437 avis Amazon
Oser être soi… même au travail
Le syndrome de l’imposteur, la peur de l’échec et le regard des autres y occupent des clés entières. Catherine Testa y livre dix clés nourries d’une enquête auprès de plus de 1 000 personnes.
📙 Commander le livre
Catherine Testa · Éditions Michel Lafon
Catherine Testa, conférencière santé mentale au travail
Conférence en entreprise
Sensibiliser vos équipes à la santé mentale au travail

Catherine Testa aide vos managers et vos salariés à repérer les signaux et à en parler sans tabou. Plus de 500 interventions.

🎤 Demander une conférence santé mentale

FAQ, vos questions pour aider un collègue face au syndrome de l’imposteur

Comment aider un collègue qui a le syndrome de l’imposteur ?
Trois gestes fonctionnent : lui expliquer qu’un vrai imposteur ne se remet presque jamais en question (lui si), l’amener à confronter son ressenti à des faits observables par des questions ouvertes, et l’encourager à consulter un professionnel si le doute devient envahissant.
Que dire à un collègue qui doute de sa légitimité ?
Évitez le « mais non, tu es super », qui invalide son ressenti sans le convaincre. Préférez des questions concrètes : « sur quels faits observables se basent les compliments que tu reçois ? », « qu’est-ce qu’un vrai imposteur ferait à ta place ? ». Les faits parlent mieux que les compliments.
Le syndrome de l’imposteur est-il une maladie ?
Non. Le syndrome de l’imposteur est un ressenti, pas un diagnostic médical. Il repose sur des mécanismes psychologiques comme le manque de confiance en soi ou une faible estime de soi, et 62 à 70 % de la population le vit au moins une fois (Clance et Imes, 1978 ; Sakulku et Alexander, 2011).
Quand faut-il orienter vers un professionnel ?
Dès que le syndrome devient envahissant : gêne dans les activités sociales et professionnelles, charge mentale qui déborde, mal-être qui s’installe. Si votre collègue semble aller mal au-delà du doute professionnel, notre guide pour aider un collègue qui va mal au travail donne la marche à suivre.
Un manager peut-il aider un collaborateur qui se sent imposteur ?
Oui, et son rôle est même décisif : des feedbacks précis et factuels (« ta présentation a convaincu le client sur tel point ») ancrent la reconnaissance dans des faits, là où un compliment vague nourrit le doute. Attribuer clairement les succès à leur auteur limite aussi le réflexe du « fruit du hasard ».
Tasse Tu peux le faire, boutique L'Optimisme
TASSE « Tu peux le faire »

Besoin d’un petit coup de motivation ? 💪

La tasse « Tu peux le faire » n’est pas un simple mug, c’est un rappel quotidien que vous êtes capable de relever tous les défis, qu’ils soient professionnels ou personnels. Votre meilleure alliée pour garder un esprit positif et dynamique.

☕ Commandez dès maintenant
L’Optimisme.pro
À propos
L’Optimisme.pro
Premier média francophone dédié à la QVCT, au bien-être au travail et à la santé mentale au travail. Notre équipe forme et sensibilise les entreprises sur le terrain depuis 9 ans, et rassemble une communauté de plus d’un million de followers sur les réseaux sociaux.
Sources
  1. Clance, P. R. et Imes, S. A.The imposter phenomenon in high achieving women, Psychotherapy: Theory, Research & Practice, 1978.
  2. Sakulku, J. et Alexander, J.The Impostor Phenomenon, International Journal of Behavioral Science, 2011.
  3. L’OptimismeRemontées terrain des formations et sensibilisations, 2026.
  4. Catherine TestaOser être soi… même au travail, Éditions Michel Lafon, 2020.