Mis à jour le 13 août 2026
Avez-vous remarqué que les mots « santé mentale » et « burn-out » sont très souvent associés aujourd’hui dans le monde de l’entreprise ? Burn out et santé mentale s’emploient presque comme des synonymes dans les plans de prévention. Il nous paraît important de revenir sur ces deux notions pour sortir de l’illusion que parler de santé mentale au travail revient à parler du seul burn-out. Le champ de la santé mentale est bien plus large et bien plus complexe. Explications.
Prévenir l’épuisement professionnel reste indispensable, et nous y consacrons notre guide complet du burn-out au travail. Cet article traite l’angle d’à côté : tout ce que le mot « burn-out » empêche de voir quand il occupe seul l’espace.
Sommaire
- Qu’est-ce que la santé mentale au travail ?
- Le burn out est-il un trouble psychique ?
- Quels troubles psychiques l’entreprise oublie-t-elle ?
- Et si l’entreprise parlait aussi d’« open out » ?
- Burn out et santé mentale : comment élargir le sujet ?
- La santé mentale, un capital en mouvement
- Questions fréquentes
Qu’est-ce que la santé mentale au travail ?
La santé mentale désigne un état de bien-être, pas un trouble ni un problème. Lorsque nous employons ces deux mots, nous ne pointons donc pas une pathologie. L’Organisation mondiale de la santé en donne la définition la plus courante, et elle est résolument positive.

La recherche parle de double continuum pour décrire cette réalité. Une personne peut vivre avec un trouble psychique et se sentir en bonne santé mentale. Une autre peut n’avoir aucun diagnostic et traverser une grande détresse. Ces deux axes bougent indépendamment l’un de l’autre, et c’est exactement ce que le mot « burn-out » seul ne permet pas de dire.
Dans l’entreprise, la prévention de l’épuisement professionnel a pris une place prépondérante pour parler de santé mentale. Le raisonnement se tient : le burn-out altère l’état de bien-être d’un salarié et l’empêche d’accomplir un travail productif. Mais les collaborateurs ne sont pas uniquement concernés par l’épuisement professionnel, ils peuvent faire face à bien d’autres difficultés psychiques. Notre guide de la santé mentale au travail couvre l’ensemble du champ, dispositifs et cadre légal compris.
Bien sûr, si cette définition de l’OMS invite à ne pas réduire la santé mentale au prisme de la pathologie, les altérations de notre santé mentale, troubles ou maladies, font évidemment partie de ce vaste champ.
Le burn out est-il un trouble psychique ?
Non, le burn-out ne figure dans aucune classification internationale des troubles mentaux. Nous avons posé la question aux professionnels de santé de notre réseau, et elle est loin d’être si simple. Le concept de « trouble psychique » fait lui-même l’objet de nombreux débats, tout comme celui de burn-out.
En l’état actuel des retours que nous recevons, les psychologues et les psychiatres que nous interrogeons confirment cette absence des classifications, sans exclure que cela évolue à l’avenir. L’OMS range le burn-out depuis 2019 dans la CIM-11, parmi les phénomènes liés au travail, et non parmi les maladies. La Haute Autorité de Santé écrit de son côté qu’il ne constitue pas une maladie caractérisée, mais un facteur qui influe sur l’état de santé et sur le recours aux soins.
Sous certaines conditions, le burn-out peut malgré tout être reconnu comme maladie professionnelle. La loi Rebsamen du 17 août 2015 a ouvert une voie complémentaire, hors tableau, qui permet de reconnaître trois affections psychiques : l’épisode dépressif majeur, le trouble anxieux généralisé et l’état de stress post-traumatique. Un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles examine chaque dossier, à condition que le taux d’incapacité permanente prévisible atteigne au moins 25 %.
Les chiffres officiels montrent un mouvement net. En 2022, ces comités ont rendu 1 814 avis favorables reconnaissant des affections psychiques à caractère professionnel, soit 16 % de plus qu’en 2021. Plus de 10 000 affections psychiques avaient par ailleurs été reconnues en accident du travail en 2021 (INRS, mise à jour de septembre 2024). Nous détaillons les gestes de prévention dans nos conseils pour prévenir le burn-out.
« Le point central à retenir est que le burn-out est lié à un contexte professionnel et que, trouble psychique ou non, c’est d’abord la souffrance vécue qui doit être prise en considération et entendue, au-delà de toutes les étiquettes médicales difficiles à manier pour des non-experts. »L’équipe de L’Optimisme.pro
Quels troubles psychiques l’entreprise oublie-t-elle ?
Les classifications internationales des maladies répertorient plus de 400 troubles psychiques. Les cinq grandes familles ci-dessous couvrent la majorité des situations que rencontrent les équipes, et aucune ne relève de l’épuisement professionnel.
1. Les émotions et l’humeur
Les troubles anxieux, les troubles dépressifs, les troubles bipolaires.
2. Le système de récompense
Les troubles addictifs, qu’il s’agisse de drogue, d’alcool ou de jeux.
3. Le rapport à la réalité
Les troubles schizophréniques, les épisodes psychotiques brefs, les troubles délirants comme la paranoïa.
4. Le comportement alimentaire
L’anorexie mentale et la boulimie.
5. La personnalité
Les troubles de la personnalité narcissique et les troubles de la personnalité borderline.
6. Et les proches aidants
Un collaborateur peut aussi accompagner un proche qui souffre d’une pathologie, sans être lui-même concerné.
La liste est longue. L’accent mis sur le burn-out ne doit pas nous faire oublier l’existence de ces troubles psychiques, encore très stigmatisés dans notre société et dans le monde de l’entreprise. Un salarié qui vit avec un trouble bipolaire stabilisé travaille, tient ses engagements et n’en parle presque jamais, parce qu’il redoute le regard qui suivrait.
Sensibiliser pour mieux en parler fait aussi partie du champ de la santé mentale, dans son volet prévention, pour que ces sujets soient détabouisés et ne soient plus vécus comme honteux.
Et si l’entreprise parlait aussi d’« open out » ?
Puisque les anglicismes sont à la mode, pourquoi ne pas considérer que la santé mentale dans l’entreprise consiste aussi à permettre aux collaborateurs de vivre un « open out » ? Le terme signifie « s’ouvrir » ou « s’épanouir ».

Parler de santé mentale en entreprise reviendrait donc aussi à ne pas faire fi de la part « saine » qui existe en chacun d’entre nous et en chaque organisation. Sous cet angle, toutes les ressources individuelles et collectives dont nous disposons s’intriquent dans ce même champ.
Valoriser la part vivante, saine et créative de chaque collaborateur à travers le sujet de la santé mentale permet de sortir des sentiers battus et d’éviter de sombrer dans le prisme réducteur de la seule maladie. Cette acception explique pourquoi ces mots se retrouvent aujourd’hui accolés à des centaines de sous-sujets.
« Cet état de bien-être, comme le dit l’OMS, est sans doute la réflexion de toute une vie. »L’équipe de L’Optimisme.pro
Burn out et santé mentale : comment élargir le sujet en entreprise ?
En cessant de traiter la santé mentale au travail uniquement quand quelqu’un craque. L’accord national interprofessionnel du 9 décembre 2020, qui fait passer la QVT à la QVCT, place la prévention primaire en tête des priorités : agir sur les conditions de travail avant l’apparition des troubles, pas après.
Nos données terrain montrent l’ampleur du chemin. 37 % des salariés affirment que leur manager ne leur a jamais demandé si ça allait. Et quand nous posons la question en salle, 20 à 25 % des participants seulement se disent capables d’aller parler à un collègue qui ne va pas bien. Le sujet reste tabou parce que personne ne l’ouvre.
- Nommer les autres réalités. Une sensibilisation qui parle d’anxiété, de dépression, d’addictions et de proches aidants touche beaucoup plus de monde qu’une sensibilisation limitée à l’épuisement professionnel.
- Former les managers à ouvrir le dialogue, sans chercher à diagnostiquer. Notre article « Mon collègue semble ne pas aller bien, que faire ? » détaille la démarche.
- Faire connaître les interlocuteurs : médecin du travail, service de prévention et de santé au travail, lignes d’écoute. Beaucoup de salariés ignorent qu’ils peuvent solliciter le médecin du travail à tout moment.
- Travailler l’organisation, pas seulement les personnes. Charge, autonomie, reconnaissance, équité et sens restent les leviers documentés par la recherche.
- Réduire la santé mentale à un plan burn-out. Le message reçu par les équipes devient alors : parlez seulement quand vous êtes au bout.
- Empiler les ateliers bien-être sans toucher aux conditions de travail. L’INRS rappelle que ces actions isolées font l’économie d’une analyse du travail réel.
- Attendre le diagnostic pour agir. Le double continuum dit l’inverse : une personne sans diagnostic peut aller très mal.
La santé mentale, un capital en mouvement
La santé mentale ne peut se réduire à la seule question du burn-out ou des troubles psychiques au sein de l’entreprise. Elle doit être appréhendée de manière globale, en nous rappelant qu’elle est une composante de la santé, au même titre que la santé physique ou sociale. Toutes les dimensions de la santé interagissent les unes avec les autres.
Notre santé mentale est en perpétuel mouvement tout au long de notre vie, elle n’est pas figée.
L’enjeu pour l’entreprise consiste à favoriser les conditions et l’environnement de travail qui permettent aux collaborateurs de conserver leur capital santé mentale, tout en gardant à l’esprit que chacun d’entre nous est également responsable de sa santé mentale et de celle des autres. Traiter burn out et santé mentale comme deux sujets distincts, reliés mais jamais confondus, reste le premier pas d’une politique de prévention qui tient.

Sensibiliser vos équipes à la santé mentale
L’équipe de L’Optimisme propose plusieurs formats (conférences, ateliers et formations) pour sensibiliser vos équipes sur la santé mentale. Pour toutes demandes vous pouvez contacter : formation@loptimisme.pro.
N’hésitez pas à être spécifique : souhaitez-vous une formation santé mentale au travail en digital ou en présentiel ? Quel est le contexte de l’équipe ? Notre organisme de formation sur la santé mentale est accrédité QUALIOPI sur l’action de formation et nous serons heureux de vous aiguiller dans votre démarche. L’ensemble de nos formations et sensibilisations est présenté sur le site.

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Questions fréquentes
Le burn out fait-il partie des troubles psychiques ?▼
Quelle différence entre burn out et santé mentale ?▼
Le burn out peut-il être reconnu en maladie professionnelle ?▼
Qu’est-ce que le double continuum de la santé mentale ?▼
Comment parler de santé mentale au travail sans se limiter au burn out ?▼
- Organisation mondiale de la santé, La santé mentale : renforcer notre action, aide-mémoire. who.int
- Haute Autorité de Santé, Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel ou burnout, mars 2017. has-sante.fr
- INRS, FAQ Épuisement professionnel ou burnout, mise à jour de septembre 2024. inrs.fr
- Organisation mondiale de la santé, Classification internationale des maladies, 11e révision (CIM-11), 2019.
- Partenaires sociaux, Accord national interprofessionnel pour une prévention renforcée et une offre renouvelée en matière de santé au travail et conditions de travail, 9 décembre 2020.
- L’Optimisme.pro, enquête auprès de sa communauté, juillet 2026, N = 1 048 répondants, et remontées terrain des formations L’Optimisme, 2026.
- Catherine Testa, Aider. Les clés pour apprendre à observer, écouter, accompagner, Michel Lafon, 2023.



