Mis à jour le 13 juillet 2026
Christophe Desproges – Business Program Manager EMEA et D&I Disability Lead au sein de MICROSOFT FRANCE nous donne sa vision du mal du siècle.
1ere partie
Dans cette première partie, Christophe évoque le burn-out en général. Qu’est ce que le Burn in ? En guérit-on ? Des conseils pour s’en sortir ? Une approche très sincère et pleine d’espoir.
2eme partie
Parce que, comme il le dit si bien, chaque Burn-out est différent ! Christophe nous raconte dans cette deuxième vidéo son histoire. Quels ont été les symptômes ? Comment le verdict est-il tombé ? Et surtout comment vit-on le Burn-out en tant qu’homme dans une société encore machiste ?
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CELA DEVRAIT VOUS INTÉRESSER :
Vivez-vous un bore-out ?
La transcription écrite du témoignage de Christophe
Pour celles et ceux qui préfèrent lire, voici le récit de Christophe Desproges retranscrit à partir des deux vidéos.
« Après un burn-out, on n’est plus jamais la même personne. On est changé à jamais, mais en mieux. »
Son burn-out, raconté de l’intérieur
« Toi, tu as fait un burn-out ? C’est pas possible, toi qui souris tout le temps, toujours en train de dire des bêtises ! »
Les quelques semaines et quelques mois avant mon burn-out, j’étais dans une équipe très autonome, avec un chef qui nous donnait une autonomie assez incroyable. Et puis un jour, il m’a annoncé qu’il quittait la boîte, que notre organisation était démantelée. Du jour au lendemain, je me suis retrouvé dans une autre organisation, avec un manager complètement différent. À cette époque, toutes les semaines, je voyageais pour accueillir les nouveaux, dire au revoir aux autres, faire comprendre à certains que demain ils n’auraient plus de job. Et puis l’accumulation des réunions toute la journée, tous les problèmes techniques, la téléphonie, qui s’enchaînent.
À un moment donné, les signes arrivent, très simples : les mauvaises nuits, les insomnies. Le matin, tu te réveilles encore plus fatigué que la veille. Une certaine irritabilité, des problèmes de concentration, des erreurs inhabituelles pour moi. Je commençais aussi à avoir de nouveau des problèmes dans une oreille, une caisse de résonance dans la tête.
Je me souviens : je me suis retrouvé devant mon PC, il fallait que j’écrive un mail, mes doigts étaient sur le clavier, et je n’ai pas été capable d’écrire ce mail. Je voyais tout, mais je n’arrivais pas à taper.
Le mardi, j’avais mon entretien annuel avec la chef de ma chef. Elle m’a dit : « Comment ça va ? » Et j’ai éclaté en sanglots. Elle m’a demandé ce qui n’allait pas, je n’ai pas su lui expliquer. On m’a dit : « Tu vas déconnecter, tu vas appeler ton généraliste, tu rentres chez toi, et tu utilises le numéro anonyme pour joindre les psychologues du travail. »
Je suis rentré en train, ce trajet que je fais au quotidien. Le lendemain matin, je suis allé voir mon généraliste, que je connais depuis une dizaine d’années. « Qu’est-ce qui ne va pas ? » Je me suis mis à pleurer, je lui ai expliqué, et il m’a dit : « Burn-out. » Un premier arrêt.
Je ne me suis pas arrêté tout de suite. Il a fallu quelques semaines. Je me disais : si je suis arrêté, mon équipe fait mon boulot en plus du sien. On m’a dit de ne pas culpabiliser, mais je crois que tout le monde culpabilise à un moment donné, c’est presque la norme.
Le premier truc que j’ai fait, le jour où j’ai repris le boulot, c’est une présentation PowerPoint pour mes collègues, pour leur expliquer ce qui m’était arrivé. Parce que personne ne savait, c’est toujours confidentiel. Je leur ai expliqué ce que c’était que le burn-out, comment j’en étais arrivé là et comment j’étais en train de m’en remettre. Tout le monde est tombé des nues : « Toi, tu as fait un burn-out ? C’est pas possible, toi qui souris tout le temps… »
Oui, ça reste un sujet tabou. J’ai la chance, chez Microsoft France, qu’on en parle aujourd’hui, qu’on fasse régulièrement des conférences là-dessus. Mais quand je regarde autour de moi, ça reste encore très tabou. Peut-être même plus tabou pour les hommes : on est dans une société encore très machiste, et pour un garçon, avouer qu’il a fait un burn-out, qu’il n’a pas su gérer une situation de stress sur le long terme, ce n’est pas facile. On m’a dit : « Allez, t’es un homme, ça va aller, repose-toi ce week-end. »
Ce que je retiens : pense à toi. C’est le moment où tu dois te reconstruire et te faire du bien. Alors fais ce qui te fait du bien, fais ce que tu as envie.
Ce qu’il en retient, quatre ans après
J’ai fait un burn-out il y a quatre ans. J’ai mis un certain temps à remonter, comme tout le monde. À partir du moment où je suis revenu en entreprise, j’ai commencé à en parler, d’abord dans mon équipe, puis via L’Optimisme. J’ai écrit un article, je l’ai publié sur LinkedIn, je l’ai partagé. Mon PDG a très vite voulu me rencontrer pour savoir ce que je voulais faire, et on a commencé à faire des conférences en interne sur le sujet. Depuis quatre ans, c’est devenu ma mission de vie.
La phase la plus dure, c’est celle d’avant, quand on est en train de se brûler intérieurement. Le plus dur, c’est de demander de l’aide. Ce n’est vraiment pas évident d’avouer que tu ne vas pas bien.
Ça peut arriver à n’importe qui. Il y a probablement des métiers plus exposés : les agriculteurs, les gens du bâtiment. Lors de notre première conférence chez Microsoft sur le burn-out, la médecine du travail avait dit quelque chose de très juste : dans certaines grandes entreprises, on recrute des profils très précis, sortis de belles écoles, à qui on demande des charges de travail énormes, sans les y préparer. Ils sont plus susceptibles de faire un burn-out. J’ai vu des gens en faire à vingt ans, c’est hallucinant.
Mon copain Marc, avec qui on a créé le Club des burnoutés et des bienveilleurs, dit un truc très juste : après un burn-out, on n’est plus jamais la même personne, on est changé à jamais, mais en mieux. Parce qu’on se pose enfin des questions qu’on ne s’était jamais posées, le sens du travail par exemple. Ce n’est pas anecdotique que beaucoup de gens qui ont fait un burn-out se reconvertissent, souvent autour de l’humain.
Ce qui est sûr, c’est que si on ne fait pas la phase de diagnostic, si on ne va pas voir un médecin, on risque de rechuter. Ça fait trois mois qu’on a lancé notre plateforme et notre podcast, onze ou douze épisodes, presque 5 000 écoutes. Ça nous fait du bien, et ça fait du bien aux gens qui écoutent. Mon médecin m’avait dit : il n’y a rien de plus puissant, pour un patient dans le déni d’un burn-out, que d’écouter des témoignages de personnes qui en ont fait. Nos messages restent toujours positifs, et les gens en ressortent avec une énergie positive.
Votre témoignage peut aider d’autres personnes. Racontez-nous votre histoire, nous lisons tout.
catherine@loptimisme.com
Catherine Testa aide vos managers et vos salariés à parler du burn-out sans tabou. Plus de 500 interventions.
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