Chaque début d’année, c’est la même rengaine. Vous vous dites « cette année sera différente ». Et pourtant, trois mois plus tard, vous êtes déjà en mode survie : débordé, réactif, épuisé. Vous finissez vos journées avec l’impression d’avoir couru dans tous les sens sans rien accomplir de vraiment important.
La bonne nouvelle ? Ce n’est pas une fatalité.
Et non, on ne va pas vous servir du bullshit motivationnel sur la « pensée positive » ou le « lève-toi à 5h du matin ».
Les neurosciences et la recherche en psychologie du travail nous montrent qu’il existe des habitudes concrètes, mesurables, qui font la différence entre une année subie et une année maîtrisée.
Quatre habitudes, pour être précise. Et elles vont à l’encontre de ce que la culture du présentéisme vous a appris.
Prêt à arrêter de vous épuiser pour rien ? Allons-y.
📖Table des matières
#1 : Protéger vos 90 premières minutes
Le problème du mode réaction
Vous ouvrez votre ordinateur. Première chose que vous faites ? Vérifier vos emails. Puis Slack. Puis Teams. En 15 minutes, vous avez déjà trois urgences "prioritaires" à gérer. Félicitations : vous venez de donner le contrôle de votre journée aux autres.
C'est ce qu'on appelle le mode réaction. Et selon une étude de l'University of California Irvine menée par Gloria Mark, une fois interrompu, il faut en moyenne 23 minutes et 15 secondes pour retrouver sa concentration initiale1.
4 heures
C'est le temps de concentration perdu par jour si vous êtes interrompu 10 fois
Faites le calcul : si vous êtes interrompu 10 fois par jour (et soyons honnêtes, c'est plutôt 20), vous perdez l'équivalent de 4 heures de travail concentré. Quatre heures où vous êtes techniquement "occupé" mais où vous ne produisez rien de substantiel.
La science des 90 premières minutes
Votre cerveau n'a pas la même énergie cognitive tout au long de la journée. Les recherches en chronobiologie montrent que nous fonctionnons par cycles ultradiens de 90 à 120 minutes, avec un pic de performance cognitive dans les premières heures après le réveil.
Le Dr. Cal Newport, professeur en informatique à Georgetown et auteur de "Deep Work", a expliqué que les salariés les plus productifs protègent systématiquement leurs premières heures pour du travail en profondeur. Pas pour répondre aux emails. Pas pour "rattraper" les messages. Pour créer, réfléchir, avancer sur ce qui compte vraiment.
Concrètement, ça donne quoi ?
Arrêtez de vérifier vos emails dès le réveil. C'est non-négociable.
Les 90 premières minutes de votre journée de travail sont réservées à VOTRE priorité stratégique. Celle qui fait vraiment avancer vos projets. Celle que vous ne faites jamais "quand vous aurez le temps" (spoiler : vous ne l'aurez jamais).
Votre protocole des 90 premières minutes :
- ✅ Pas de réunions avant 10h
- ✅ Pas de notifications
- ✅ Mode avion sur le téléphone
- ✅ Porte fermée (ou casque anti-bruit si open-space)
- ✅ Un seul projet, celui qui compte
💡 Une étude de McKinsey menée sur 10 ans montre que les cadres qui travaillent en "état de flow" sont 5 fois plus productifs que la moyenne2. Le flow, c'est cet état de concentration totale où vous êtes absorbé par votre tâche. Et devinez quoi ? Il est impossible à atteindre si vous vérifiez vos messages toutes les 7 minutes.
Le contre-argument habituel (et pourquoi il est faux)
"Mais si je ne réponds pas tout de suite, les gens vont penser que je ne fais pas mon travail !"
Faux. Les gens vont s'adapter. Et surtout, ils vont apprendre à résoudre leurs problèmes sans vous solliciter pour chaque micro-décision. C'est ce qu'on appelle développer l'autonomie de votre équipe.
Vous savez ce qui fait vraiment mauvaise impression ? Être constamment débordé, livrer en retard, et avoir l'air épuisé en permanence. Ça, c'est le résultat du mode réaction.
🎯 Action immédiate
Cette semaine : Testez les 90 premières minutes protégées pendant 5 jours. Bloquez ce temps dans votre agenda avec le titre "Deep Work - Ne pas déranger". Observez la différence.
#2 : Se fixer un bloc de concentation chaque jour (Non négociable)
Le mythe du multitasking
Vous pensez être bon en multitasking ? Vous ne l'êtes pas. Personne ne l'est.
Le multitasking est un mythe marketing. Ce que vous faites réellement, c'est du task-switching : passer rapidement d'une tâche à l'autre. Et selon une étude de l'American Psychological Association, ce changement constant coûte jusqu'à 40% de votre productivité4.
40%
Perte de productivité causée par le multitasking (American Psychological Association)
Chaque fois que vous passez d'un email à une feuille Excel, puis à un message Teams, votre cerveau doit se recalibrer. C'est comme si vous éteigniez et rallumiez votre ordinateur toutes les 3 minutes. Épuisant et inefficace.
Le bloc de concentration : votre arme secrète
Un bloc de concentration, c'est une période de 60 à 90 minutes où vous ne faites QU'UNE SEULE chose. Pas deux. Pas trois. Une.
Cal Newport appelle ça le Deep Work : un travail cognitif exigeant, sans distraction, qui pousse vos capacités à leur limite et crée de la valeur réelle.
💡 Les professionnels les plus performants ne travaillent pas plus d'heures. Ils travaillent en blocs concentrés. Une étude de l'UC Irvine montre que les salariés ne passent en moyenne que 11 minutes sur une tâche avant d'être interrompus3. Les top performers ? Ils protègent des blocs de 90 minutes minimum.
Comment installer votre bloc quotidien
Protocole du bloc de concentration :
- ✅ Choisissez votre créneau : 60-90 minutes, même heure chaque jour (idéalement le matin)
- ✅ Bloquez-le dans votre agenda : Titre "Deep Work - Indisponible"
- ✅ Une seule tâche : Identifiez-la la veille (voir Habitude #3)
- ✅ Environnement zéro distraction : Téléphone en mode avion, notifications off, porte fermée
- ✅ Timer visible : 60 minutes pour commencer, vous augmenterez progressivement
Adaptation pour les cerveaux TDAH
Si vous avez un TDAH (comme Catherine, notre fondatrice), 90 minutes peuvent sembler une éternité. C'est OK. Commencez par des blocs de 25 minutes (technique Pomodoro), puis augmentez progressivement.
L'important n'est pas la durée, c'est la régularité. Mieux vaut 25 minutes de concentration pure tous les jours que 3 heures chaotiques une fois par semaine.
11 minutes
C'est le temps moyen qu'un salarié passe sur une tâche avant d'être interrompu (UC Irvine)
Les résistances typiques (et comment les dépasser)
"Je n'ai pas le temps pour ça."
Traduction : "Je préfère passer 8 heures à être occupé plutôt que 90 minutes à être productif." Un bloc de concentration de 90 minutes produit souvent plus qu'une journée entière en mode réaction.
"Mon travail nécessite d'être disponible en permanence."
Vraiment ? Vous êtes chirurgien en salle d'opération ? Pilote d'avion ? Non ? Alors vous POUVEZ vous permettre 60 minutes sans être dérangé. Les vrais problèmes urgents sont rares. Les interruptions constantes sont juste une mauvaise habitude collective.
🎯 Action immédiate
Dès demain matin : Bloquez un créneau de 60 minutes dans votre agenda. Choisissez UNE tâche stratégique. Mettez votre téléphone en mode avion. Lancez un timer. Et travaillez. Vous m'en donnerez des nouvelles.
#3 : Planifier le lendemain
Pourquoi planifier la veille change tout
Vous connaissez cette sensation ? Vous arrivez au bureau le matin, vous allumez votre ordinateur, et vous vous demandez : "Par quoi je commence ?"
Cette hésitation de 30 secondes ? Elle vient de vous coûter 2 heures de productivité. Parce que pendant que vous réfléchissez, vous ouvrez vos emails "juste pour voir", et hop, vous voilà en mode réaction pour le reste de la journée.
La solution ? Décider la veille de ce que vous allez faire le lendemain. Pas dans les grandes lignes. Précisément.
💡 Roy Baumeister, psychologue à l'université de Floride, a démontré que notre capacité à prendre des décisions est une ressource limitée5. Plus vous prenez de décisions dans la journée, moins vos décisions suivantes sont bonnes. C'est ce qu'on appelle la "fatigue décisionnelle". Planifier la veille élimine des dizaines de micro-décisions matinales.
L'effet Zeigarnik : votre cerveau qui rumine
Vous connaissez cette sensation d'avoir 47 onglets ouverts dans votre tête ? C'est l'effet Zeigarnik6 : votre cerveau a horreur des tâches non terminées et continue de les "traiter en arrière-plan", même quand vous n'y pensez pas consciemment.
Résultat ? Vous êtes épuisé mentalement, même quand vous ne faites "rien". Votre cerveau tourne en boucle sur tout ce que vous devez faire.
La bonne nouvelle ? Votre cerveau accepte de lâcher prise si vous lui donnez un plan concret. C'est exactement ce que fait la planification du lendemain.
Votre rituel de 10 minutes en fin de journée
Protocole de planification (10 minutes) :
- ✅ Brain dump (3 min) : Videz votre tête. Notez TOUT ce qui vous trotte dans la tête, sans filtre
- ✅ Triage (3 min) : Séparez l'urgent de l'important. Identifiez LA tâche stratégique du lendemain
- ✅ Séquençage (2 min) : Décidez de l'ordre des 3-5 tâches prioritaires de demain
- ✅ Blocage agenda (2 min) : Réservez les créneaux horaires pour chaque tâche
- ✅ Fermeture mentale : Dites à voix haute "La journée est terminée" (oui, vraiment)
Les 3 erreurs à éviter
Erreur #1 : Planifier 15 tâches pour demain
Vous n'êtes pas un robot. Vous avez besoin de marge pour les imprévus, les réunions qui débordent, et simplement... respirer. Limitez-vous à 3-5 tâches prioritaires maximum.
Erreur #2 : Des tâches floues type "avancer sur le projet"
"Avancer sur le projet" n'est pas une tâche. "Rédiger l'introduction du rapport Q4 (version draft, 500 mots)" est une tâche. Soyez spécifique.
Erreur #3 : Planifier sans tenir compte de votre énergie
Vous êtes du matin ? Mettez votre tâche la plus exigeante entre 9h et 11h. Vous êtes du soir ? Gardez vos tâches créatives pour l'après-midi. Travaillez AVEC votre rythme, pas contre.
10 minutes
C'est le temps qu'il vous faut pour planifier demain et gagner 2 heures de productivité
Bonus : la règle du "Si-Alors"
Anticipez les obstacles. Formulez vos tâches en mode "Si X arrive, alors je ferai Y."
Exemple : "Si je suis interrompu pendant mon bloc de concentration, alors je reprendrai exactement où j'en étais dès que possible, et je prolongerai le bloc de 15 minutes."
Cette simple formulation augmente vos chances de tenir vos engagements selon les recherches en psychologie comportementale.
🎯 Action immédiate
Ce soir avant de quitter : Prenez 10 minutes. Sortez un papier ou ouvrez une note. Notez les 3 tâches que vous DEVEZ accomplir demain. Soyez précis. Bloquez les créneaux dans votre agenda. Demain matin, vous ne réfléchirez pas. Vous exécuterez.
#4 : Créer un rituel de fermeture
Le problème de la journée qui ne finit jamais
Vous fermez votre ordinateur à 18h. Mais votre cerveau, lui, continue de bosser. Dans le métro, sous la douche, au dîner, au lit. Vous n'êtes jamais vraiment "off".
Résultat ? Vous êtes épuisé le lendemain matin avant même de commencer. Et le cycle recommence.
Ce n'est pas un problème de "charge de travail". C'est un problème de transition. Votre cerveau n'a jamais reçu le signal que la journée de travail était terminée.
💡 Le Dr. Andrew Huberman, neuroscientifique à Stanford, explique que sans transition claire entre travail et vie personnelle, votre système nerveux reste en mode sympathique (alerte/stress) au lieu de basculer en mode parasympathique (repos/récupération)7. Conséquence : cortisol élevé, sommeil perturbé, récupération impossible.
Le rituel de fermeture : votre interrupteur mental
Un rituel de fermeture, c'est une séquence d'actions qui envoie un signal clair à votre cerveau : "Le travail est terminé. Tu peux lâcher prise."
Des idées de rituels de fermeture :
- ✅ Inbox Zero partiel (5 min) : Pas besoin de tout traiter. Mais parcourez vos emails, transférez les urgences, archivez le reste. Objectif : boîte vide visuellement (pour ceux qui aiment !)
- ✅ Bureau physique et digital (3 min) : Rangez votre espace de travail. Fermez tous les onglets. Éteignez les notifications
- ✅ Review des victoires (2 min) : Notez 3 choses accomplies aujourd'hui. Même petites. Votre cerveau a besoin de clôture positive
- ✅ Planification lendemain (3 min) : Voir Habitude #3
- ✅ Phrase de clôture (30 sec) : Dites à voix haute "La journée est terminée" ou "Je ferme boutique". Sérieusement. Ça marche.
- ✅ Transition physique (2 min) : Changez d'environnement. Marchez 5 minutes. Changez de vêtements. Créez une rupture physique.
Pourquoi ça marche (la science derrière)
Votre cerveau adore les rituels. Ils créent des automatismes neurobiologiques. Après 3-4 semaines de pratique, votre cerveau va associer automatiquement votre rituel de fermeture avec la fin de la journée de travail.
C'est exactement le même mécanisme que lorsque vous vous brossez les dents avant de dormir. Vous ne réfléchissez plus. Vous le faites. Et votre corps sait que le sommeil arrive.
35%
Augmentation du risque d'AVC chez les personnes travaillant plus de 55h/semaine sans transition claire (OMS/OIT, 2021)8
Les résistances typiques
"Je n'ai pas le temps pour ça en fin de journée."
Vous avez 2 heures pour scroller sur Instagram le soir parce que vous êtes "trop fatigué pour faire autre chose". Ces quelques minutes ne sont pas une dépense. Ce sont un investissement qui vous redonne vos soirées.
"Mon travail ne s'arrête jamais vraiment."
Si. Il s'arrête. Vous CHOISISSEZ de ne pas l'arrêter. Et ce choix a un prix : votre santé mentale, votre sommeil, vos relations. Est-ce que ça vaut vraiment le coup de répondre à cet email à 22h ?
🎯 Action immédiate
Aujourd'hui, en fin de journée : Testez votre premier rituel de fermeture. Même si c'est imparfait. Même si ça prend 5 minutes au lieu de 2. L'important, c'est de COMMENCER. Notez dans votre agenda "Rituel de fermeture - 18h45" tous les jours.
Les signaux d'alertes
Vous ne savez pas si ces habitudes sont vraiment nécessaires pour vous ? Voici les signaux d'alerte qui indiquent que vous êtes déjà en zone rouge :
🧠 Signes cognitifs
- Vous avez du mal à vous concentrer plus de 10 minutes
- Vous oubliez régulièrement des choses importantes
- Vous mettez 2x plus de temps qu'avant pour accomplir des tâches simples
- Vous avez l'impression d'être "dans le brouillard" mental
💔 Signes émotionnels
- Vous êtes irritable avec vos proches
- Vous redoutez le lundi dès le dimanche soir
- Vous avez des pics d'anxiété inexpliqués
- Vous pleurez facilement ou ressentez une tristesse diffuse
🏥 Signes physiques
- Troubles du sommeil (difficulté à s'endormir ou réveils nocturnes)
- Tensions musculaires chroniques (cou, épaules, mâchoire)
- Problèmes digestifs
- Fatigue permanente même après une nuit de sommeil
⚡ Signes comportementaux
- Vous checkez vos emails compulsivement
- Vous reportez systématiquement les tâches importantes
- Vous compensez par l'alcool, la nourriture, le shopping
- Vous vous isolez socialement
⚠️ Si vous cochez 3 items ou plus dans une catégorie, vous êtes en situation de pré-burnout.
Ces habitudes ne sont pas optionnelles pour vous. Elles sont urgentes. Mais ne restez pas seul.e, vous pouvez en parler à un professionnel de santé.
Vous ne manquez pas seulement de temps.
Vous manquez de limites.
Vous êtes débordé pas seulement parce qu’il y a trop à faire (il y aura TOUJOURS trop à faire), mais parce que vous avez dit oui à tout et non à rien.
Ces 4 habitudes ne sont pas des « hacks de productivité ». Ce sont des actes de résistance contre une culture qui vous veut disponible 24/7.
Protéger vos 90 premières minutes ? C’est dire « mon travail en profondeur est plus important que votre email non-urgent« .
Bloquer une heure de deep work ? C’est dire « je refuse de sacrifier la qualité sur l’autel de la réactivité« .
Planifier votre lendemain ? C’est dire « je pilote ma vie au lieu de la subir« .
Créer un rituel de fermeture ? C’est dire « je mérite de récupérer vraiment« .
Notre équipe a testé : c’est possible !
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Sources
¹ Gloria Mark, UC Irvine – Recherche sur les interruptions et la concentration
² McKinsey & Company – Étude de 10 ans sur l’état de flow
³ Gloria Mark, UC Irvine – Recherche sur le temps passé par tâche
⁴ Rubinstein, Meyer, Evans – American Psychological Association
⁵ Roy Baumeister – Ego depletion research (Journal of Personality and Social Psychology, 1998)
⁶ Effet Zeigarnik – Bluma Zeigarnik (1927) / David Rock « Your Brain at Work »
⁷ Dr. Andrew Huberman – Huberman Lab Podcast, Stanford University
⁸ WHO/ILO – Environment International (2021)

