Comment aider un collègue qui va mal au travail : le guide pour managers

⏱ Temps de lecture : 7 min

Depuis des années, notre équipe reçoit des messages de managers et de salariés qui s’interrogent : comment réagir face à un collègue qui décroche, qui s’isole, qui s’énerve pour un rien ? Face à une souffrance psychique au travail, beaucoup se sentent démunis quand ils n’y sont pas formés.

Je voyais quelqu’un de mon équipe couler, et je me sentais impuissante. Je ne savais ni quoi dire, ni quoi faire.
Un témoignage reçu à L’Optimisme.pro, qui en illustre des dizaines d’autres

Ce témoignage, nous le recevons sous mille formes. C’est pourquoi nous avons voulu poser des bases claires pour aider un collègue en souffrance, pensées pour les managers de proximité comme pour les collègues et les RH : reconnaître les signes, oser en parler, écouter, et orienter vers les bons relais.

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En moyenne, seulement un salarié sur cinq se dit prêt à réagir face à un collègue en souffrance.
Chiffres L’Optimisme, formations et sensibilisations, 2026
ℹ️Le saviez-vous ? : aider un collègue ne demande aucune compétence médicale. Cela demande de l’attention, de l’écoute, et de savoir passer la main au bon moment.

Pourquoi c’est aussi votre affaire

Dans nos formations et nos sensibilisations, la raison qui revient le plus souvent pour ne pas agir, c’est la peur de l’ingérence, doublée d’un sentiment d’impuissance.

J’avais peur d’agir, parce que je me disais que ça ne me regardait pas, que je ferais de l’ingérence. Et je ne savais pas quoi dire.
Reçu par email

Rassurez-vous : vous n’avez pas à devenir soignant. Vous n’êtes ni le psy de vos collègues, ni celui de votre équipe. Mais vous êtes souvent le premier témoin, celui qui remarque le changement avant tout le monde, et vous pouvez être un précieux relais vers un professionnel de santé.

Vous n’avez pas à devenir le soignant de vos collègues. Mais vous pouvez être le relais vers un professionnel de santé.
L’Optimisme.pro

Un premier pas consiste à rappeler que la santé mentale ne concerne pas seulement les personnes qui ont un trouble. On peut ne pas se sentir bien sans trouble diagnostiqué, et à l’inverse vivre avec un trouble tout en se sentant bien. C’est ce que la recherche appelle le double continuum de la santé mentale. Nous pouvons tous être concernés un jour. Ce n’est pas nous contre les autres.

Le double continuum de la santé mentale : deux axes independants, trouble psychique et niveau de bien-etre
📖 Définition
Le double continuum de la santé mentale
Un modèle qui distingue deux axes indépendants : la présence ou non d’un trouble psychique d’un côté, le niveau de bien-être ressenti de l’autre. On peut donc être en souffrance sans trouble diagnostiqué, ou vivre avec un trouble tout en se sentant bien.
D’après la littérature scientifique sur la santé mentale
55 %
55 % des personnes interrogées ne sauraient pas quoi faire si un collègue leur confiait des violences conjugales, et 14 % seulement se disent formées ou informées sur le sujet. Le sujet arrive pourtant au travail, puisque 15 % ont déjà remarqué qu’un collègue en vivait.
Enquête L’Optimisme.pro « SANTÉ MENTALE AU TRAVAIL » (juillet 2026, N = 1 910 répondants)

Reconnaître les signes d’une souffrance

La souffrance se lit rarement en une phrase. Elle s’installe par petites touches, dans le comportement, l’humeur et la qualité du travail. Un repère utile : ce qui doit alerter, c’est un changement qui dure plus de deux semaines et qui rompt avec les habitudes de la personne. Un collègue habituellement bavard qui se mure dans le silence, un profil ponctuel qui accumule les retards, une personne posée qui devient irritable.

Les témoignages que nous recevons décrivent presque toujours les mêmes signaux. Nous les regroupons ici pour vous aider à ouvrir l’œil sans tomber dans la surveillance.

  • Un repli soudain, moins d’échanges, une caméra qui reste éteinte en visio
  • Des retards ou des absences répétés chez une personne d’ordinaire assidue
  • Une irritabilité nouvelle, des réactions disproportionnées
  • Une baisse visible de la concentration et de la qualité du travail
  • Des signes physiques : fatigue marquée, négligence, variations de poids
  • Des propos négatifs sur soi, un découragement qui s’installe
🚨Attention : un seul de ces signes ne veut rien dire en soi. C’est leur accumulation et leur durée qui doivent attirer votre attention, jamais un jugement hâtif.

À lire aussiQu’est-ce qu’un risque psychosocial ? Le cadre et les leviers

La métaphore du bouton sur le nez

Quand faut-il en parler ? La question revient dans chacune de nos sensibilisations. Dans le livre Aider (Éditions Michel Lafon), Catherine Testa propose une image simple pour trancher.

Imaginez un bouton sur le nez. S’il apparaît un matin et disparaît le lendemain, personne n’appelle un dermatologue. Il passe tout seul. Mais s’il dure, s’il grossit, si la douleur augmente et s’il finit par gâcher vos journées, vous consultez.

Les signes de souffrance psychique au travail obéissent à la même logique. Un signal isolé ne dit presque rien. Trois critères, eux, changent la lecture.

1
La durée, ça ne passe pas

Le changement s’installe et se répète semaine après semaine, au lieu de se dissiper après un week-end ou une période de rush.

2
L’intensité, ça s’aggrave

Les signaux montent d’un cran. L’irritabilité devient de la colère, la fatigue devient de l’épuisement, le retrait devient de l’isolement.

3
L’impact, le quotidien se dégrade

La personne disparaît des réunions, accumule des erreurs inhabituelles, décroche des projets qu’elle portait, ou change franchement de comportement.

💡Important : Nous ne posons aucun diagnostic. Nous observons des changements. Quand ces changements durent, s’intensifient et pèsent sur le quotidien, le moment est venu d’en parler.

La méthode A.I.D.E.R., un cadre simple pour agir

La méthode A.I.D.E.R. est un cadre en cinq étapes qui permet à un manager ou à un collègue d’accompagner une personne en souffrance psychique sans compétence médicale : accueillir, identifier, dialoguer, encourager, rester présent. Nous la transmettons dans nos sensibilisations et dans les conférences santé mentale de Catherine Testa.

Beaucoup de managers veulent aider et bloquent sur la même question : par où commencer ? Ces cinq lettres répondent à ça. Elles se retiennent en une minute et se rejouent dans n’importe quelle situation.

A
Accueillir

Accueillir commence par ne pas détourner le regard. Vous reconnaissez qu’il se passe quelque chose. Vous accueillez les signaux, les émotions de l’autre, et votre propre gêne. Cet inconfort est normal, il ne disqualifie personne.

I
Identifier, sans diagnostiquer

Repérez les changements concrets : humeur, isolement, irritabilité, fatigue, erreurs, retrait. Appliquez la grille durée, intensité, impact. Restez factuel. « J’ai remarqué que tu semblais plus en retrait ces derniers temps » vaut mille fois mieux que « Je pense que tu fais une dépression ».

D
Dialoguer

L’étape la plus redoutée. Avant de parler, réglez trois paramètres : le lieu (jamais en plein open space), le moment (jamais entre deux réunions), et votre propre état émotionnel. Êtes-vous vraiment disponible ?

E
Encourager vers les ressources

Encourager ne veut pas dire forcer. Vous rappelez que consulter reste un acte responsable. La personne peut craindre le jugement, venir d’une culture où le psychologue reste tabou, ou manquer d’énergie pour faire la démarche. Vous informez sur les relais existants, sans pression.

R
Rester présent, et relayer

Un refus ne signe pas votre échec. Il dit souvent « pas maintenant ». Avoir ouvert la porte compte déjà. Rester présent, c’est aussi alerter quand la situation s’aggrave, et refuser de porter seul cette charge : l’encadrement, les RH et les dispositifs internes existent pour ça.

L’étape D concentre l’essentiel des maladresses. Les règles qui suivent viennent directement des retours de nos sessions en entreprise.

  • Parlez au « je », avec des formules comme « j’ai remarqué » ou « je m’inquiète un peu », qui engagent votre regard sans étiqueter l’autre
  • Restez factuel, décrivez ce que vous observez sans juger ni interpréter
  • Posez des questions ouvertes, « comment tu te sens en ce moment ? » plutôt que « tu es déprimé ? »
  • Reformulez pour montrer que vous avez entendu, même quand vous ne savez pas quoi répondre
  • Acceptez les silences, sans les combler et sans rassurer trop vite
  • Appuyez-vous sur la communication non violente, qui déroule observation, sentiment, besoin, demande
Aider n’est pas sauver. Aider, c’est relayer.
Catherine Testa, livre Aider

Oser le premier pas

C’est l’étape qui bloque le plus de gens. Nous entendons souvent cette phrase : « je voyais bien que ça n’allait pas, mais je ne savais pas comment aborder le sujet. » Cette peur est normale. Pourtant, même en cas de doute, il vaut mieux intervenir, quitte à se tromper. Le silence, lui, laisse la situation s’aggraver.

On a souvent peur de ne pas trouver les bons mots. Pensez pourtant à un proche qui vient de vivre une rupture : ce qu’on lui dit n’est jamais parfait, et pourtant, quand c’est dit avec la bonne intention, cela lui fait du bien quand même. Avant d’aller vers l’autre, posez-vous juste la question « pourquoi je veux aider ? ». Si la réponse est sincère, vous êtes prêt.

On a peur de ne pas trouver les bons mots. Mais dit avec la bonne intention, un mot maladroit fait toujours plus de bien qu’un silence.
L’Optimisme.pro

Pour préparer votre approche, le livre propose un moyen mnémotechnique simple, la méthode TEL, en référence au téléphone, symbole de connexion.

T
Temporalité, le bon moment

Choisissez un temps dédié, sans urgence ni public. Évitez la fin de réunion ou le couloir pressé. Un moment calme montre que la personne compte.

E
Environnement, le bon endroit

Préférez un lieu neutre et discret, un café à l’écart plutôt qu’une salle formelle. Un cadre rassurant facilite la parole.

L
Libre-arbitre, le respect du choix

Proposez, n’imposez pas. La personne a le droit de ne pas vouloir parler tout de suite. Acceptez aussi de ne pas être la bonne personne : parfois, mieux vaut passer le relais à quelqu’un en qui elle a davantage confiance.

💡Astuce : partez d’un fait observé, sans interpréter. « J’ai remarqué que tu semblais fatigué ces derniers temps, comment tu te sens ? » ouvre le dialogue sans enfermer.
C’est grâce à mon manager que j’ai décidé d’aller consulter un psy. Il a été le seul à me demander comment j’allais vraiment. Personne ne me posait plus la question depuis des mois.
Confié lors d’une de nos formations

Développer une écoute qui aide vraiment

Une fois la conversation ouverte, votre rôle n’est pas de résoudre, mais d’accueillir. C’est plus difficile qu’il n’y paraît, car notre réflexe naturel est de vouloir donner des solutions ou rassurer trop vite. Le livre Aider rappelle une phrase précieuse : nous avons la responsabilité d’une écoute, pas celle d’une réponse.

Ce que nous devons à Carl Rogers

Le psychologue américain Carl Rogers a posé le principe qui fonde toute écoute d’aide : la personne porte en elle les ressources pour aller mieux, à condition de se sentir écoutée, comprise et acceptée.

Votre rôle ne consiste donc pas à réparer. Il consiste à créer un climat où la parole peut exister. Rogers appelle ça le regard positif inconditionnel, et il le fait reposer sur trois appuis.

  • L’empathie, qui consiste à se placer au plus près du vécu de l’autre sans le confondre avec le vôtre
  • La congruence, qui vous demande de rester sincère plutôt que parfait
  • L’authenticité, qui vous interdit de jouer un rôle de sauveur que personne ne vous demande

Une bonne écoute repose sur quelques attitudes concrètes.

🧘 La disponibilité

Être vraiment là, ici et maintenant.

  • Poser son téléphone
  • Alléger son esprit de ses propres soucis

🤫 Le silence

Accepter les blancs sans les combler.

  • Ils laissent le temps de trouver les mots
  • Ils montrent que vous ne fuyez pas

🔄 La reformulation

Redire pour vérifier qu’on a compris.

  • « Si je comprends bien… »
  • Cela valide l’émotion de l’autre

À l’inverse, certains réflexes ferment la porte au lieu de l’ouvrir. On les commet tous, souvent avec les meilleures intentions. Les repérer permet de les éviter.

  • Couper la parole pour placer son avis
  • Conseiller comme un expert qui sait mieux
  • Ramener la situation à soi et à sa propre expérience
  • Vouloir absolument faire changer la personne d’avis

Les phrases à éviter et à privilégier

Les mots comptent énormément. Dans les témoignages que nous recevons, les mêmes phrases maladroites reviennent, celles qui blessent alors qu’elles voulaient consoler. En miroir, certaines formulations simples font un bien immense.

❌ À éviter

  • « Ça va aller » : minimise et ferme la discussion.
  • « Tu devrais sortir de chez toi » : un conseil non demandé qui culpabilise.
  • « Si j’étais toi, j’annulerais » : impose votre solution.
  • « Allez, souris un peu » : bâillonne l’émotion.

✅ À privilégier

  • « Comment tu te sens en ce moment ? » : ouvre sans juger.
  • « Je suis là si tu veux en parler » : offre sans forcer.
  • « Qu’est-ce qui t’aiderait, maintenant ? » : redonne du pouvoir d’agir.
  • « Merci de m’en avoir parlé » : valorise la confiance.

Quand et vers qui orienter

Aider a des limites, et les connaître protège tout le monde. L’enjeu n’est pas de sauver la personne ni d’endosser le rôle du sauveur, c’est de l’orienter vers le bon professionnel. Passer le relais n’est pas se débarrasser du problème, c’est offrir la bonne ressource au bon moment.

On l’oublie souvent : il existe déjà beaucoup de ressources en interne. Lignes d’écoute, préventeurs, référents formés, service de santé au travail. Les rappeler et rerouter vers les personnes formées fait souvent une vraie différence.

Dans nos sensibilisations, nous constatons que les ressources d’aide existent souvent déjà en interne. Encore faut-il les connaître et penser à les mobiliser.
L’Optimisme.pro

Passer à l’actionFormer vos équipes : la sensibilisation santé mentale au travail

📖 À clarifier
Psychologue ou psychiatre ?
Beaucoup l’ignorent, et nous le constatons dans nos formations. Le psychologue accompagne par la parole et le suivi, il ne prescrit pas de médicaments. Le psychiatre est médecin : il peut poser un diagnostic et prescrire un traitement. Les deux sont complémentaires.
Repère L’Optimisme.pro
SituationRelais possible
Mal-être passagerManager, RH, secouriste PSSM, ligne d’écoute interne
Souffrance qui dureMédecine du travail, médecin traitant, psychologue
Détresse aiguë, idées noiresNuméro national 3114, urgences (15)
⚠️Important : si la personne évoque des idées suicidaires, ne restez pas seul avec cette information et n’attendez pas. Le 3114 est joignable partout en France, gratuitement, 24 heures sur 24.
Couverture du livre Aider
📗 Le livre⭐ La méthode complète
Aider, oser parler de santé mentale
Le guide de Catherine Testa pour apprendre à observer, écouter et accompagner un proche ou un collègue qui traverse une période difficile. 9 chapitres, 67 idées concrètes.
Coécrit par Catherine Testa · Éditions Michel Lafon

Se protéger soi-même, le masque à oxygène

Nous parlons beaucoup d’aider. Beaucoup moins de se protéger en aidant. Le chapitre 9 du livre Aider traite précisément de ce point, et c’est celui qui provoque le plus de réactions dans nos salles.

Aider ne veut pas dire absorber. La contagion émotionnelle décrit un phénomène documenté par la recherche : les émotions circulent dans un collectif et se transmettent d’une personne à l’autre. Exposé chaque semaine à la détresse d’un collègue, votre propre équilibre s’use.

D’où l’image du masque à oxygène. Les consignes de sécurité en avion ne laissent aucune ambiguïté : vous placez le vôtre avant d’aider votre voisin. La même règle vaut au bureau.

  • Vous ne portez pas seul la souffrance de l’autre, vous orientez et vous partagez la responsabilité avec les RH, l’encadrement ou la médecine du travail
  • Vous vous créez des sas, pour éviter de ramener chaque conversation difficile à la maison
  • Vous posez des limites, parce qu’être un relais ne signifie pas rester joignable en continu
⚠️Attention : Un aidant épuisé n’aide plus personne. Si les conversations vous pèsent, si vous dormez mal, si vous ruminez les situations de vos collègues, parlez-en à votre tour à un professionnel de santé.
Les managers ne peuvent pas tout porter.
L’Optimisme.pro, sensibilisations en entreprise

Nous répétons cette phrase dans presque chaque sensibilisation. Elle produit toujours le même effet : un soulagement visible dans la salle. Beaucoup de managers découvrent à ce moment-là qu’ils ont le droit de passer la main.

Aider, ça s’apprend

Repérer un signe, oser un mot, écouter sans juger, orienter vers le bon relais : personne ne naît « aidant », cela s’apprend. Vous n’avez pas besoin d’être soignant pour faire une différence, il suffit d’être présent et de connaître les bons relais. Et plus une équipe est sensibilisée, plus la parole se libère tôt, avant que la situation ne s’aggrave.

Vous vivez ou avez vécu une situation semblable ? Vous voulez témoigner ? Écrivez-nous à catherine@loptimisme.com : vos témoignages nourrissent nos guides et nos formations. Et pour ne rien manquer, abonnez-vous à notre newsletter juste en dessous.

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FAQ, foire aux questions sur l’aide à un collègue en souffrance

Est-ce vraiment mon rôle de m’occuper de la santé mentale d’un collègue ?
Vous n’avez pas à jouer au soignant, mais vous êtes souvent le premier témoin. Repérer et orienter fait partie d’un collectif de travail sain, sans jamais se substituer aux professionnels.
Comment aborder le sujet sans être maladroit ?
Partez d’un fait observé plutôt que d’un jugement, choisissez un moment calme et un lieu discret, et posez une question ouverte. Rappelez-vous que quand l’intention est sincère, les maladresses se pardonnent.
Que faire si la personne refuse d’en parler ?
Respectez son rythme et n’insistez pas. Montrez que la porte reste ouverte et rappelez les relais disponibles. Savoir qu’elle peut compter sur vous a déjà de la valeur.
Comment distinguer un coup de fatigue d’une vraie souffrance ?
Observez la durée et la rupture avec les habitudes. Un changement qui s’installe au-delà de deux semaines et qui touche plusieurs aspects mérite votre attention, contrairement à un passage à vide ponctuel.
Dois-je prévenir les RH ou garder le secret ?
Ne promettez jamais un secret absolu que vous ne pourrez pas tenir. Expliquez que vous pouvez aider à trouver le bon relais, RH, médecine du travail, ligne d’écoute, et avancez avec l’accord de la personne.
Comment protéger ma propre santé mentale en aidant ?
Aider a un coût émotionnel réel. Fixez vos limites, ne portez pas la situation seul, appuyez-vous sur les relais formés. Prendre soin de soi est la condition pour tenir dans la durée.
Un manager peut-il aborder ces sujets sans risque juridique ?
Oui, tant qu’il reste dans son rôle : bienveillance, écoute, orientation. Il ne pose pas de diagnostic et ne divulgue rien. L’employeur a même une obligation de prévention de la santé.
Que dire à un collègue qui parle d’idées noires ?
Prenez la parole au sérieux, ne banalisez pas et ne jugez pas. Restez présent, dites-lui qu’il n’est pas seul, et orientez sans attendre vers le 3114 ou les urgences en cas de danger immédiat.
Faut-il former les équipes à ces situations ?
C’est le levier le plus efficace. Des dispositifs comme les Premiers Secours en Santé Mentale outillent concrètement managers et collègues. La parole se libère dès que des relais formés existent.
Et si j’ai peur de mal faire malgré tout ?
Cette peur est bon signe, elle montre votre respect de l’autre. Ne rien faire est le vrai risque. Une main tendue imparfaite vaut mille fois mieux qu’un silence.
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Sources
  1. Catherine Testa : Aider, oser parler de santé mentale, Michel Lafon, 2023
  2. Ipsos BVA : Baromètre de la santé psychologique des salariés, 2024
  3. HAS : Repérage et prise en charge du syndrome d’épuisement professionnel, 2017
  4. PSSM France : Premiers Secours en Santé Mentale, programme officiel